AFFAIRE ABBE PIERRE DUFOUR

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- Un Pédophile au service de Dieu -

Pierre Dufour, l'abbé Pierre Dufour, vicaire épiscopal de Savoie et curé de Saint-Jean-de- Maurienne. Longtemps, a prôné dans ses homélies "une grande rigueur morale". Mais derrière cette rigueur de façade, se cachait un pervers sexuel qui, pendant près de quarante ans, s'en est pris à de jeunes garçons, enfants de choeur puis à de jeunes hommes perdus, vulnérables, en difficulté familiale. Pendant des années, il a créé un climat de confiance entre lui et ses victimes avant d'abuser d'elles.
La rumeur avait bien circulé, un moment, dans la vallée savoyarde de la Maurienne mais elle s'était finalement tue. L'Eglise n'a pas voulu y croire. Andrée
El Hadeuf, une ancienne paroissienne de Pierre Dufour parlera de cet homme autoritaire et charismatique, un homme respecté dans la vallée très pieuse de la Maurienne, qui a toujours su faire taire les voix qui se sont levées contre lui. Notamment celles de ses victimes qui ont longtemps gardé le silence.

A 71 ans, le vicaire épiscopal de Savoie est donc poursuivi devant les assises de Savoie pour « viols et agressions sexuelles ». Cinq adultes se sont portés partie civile pour des faits remontant aux années 1990. Les premiers faits d'attouchements recensés sur des mineurs remontent à 1963. «A la fin du catéchisme, il nous demandait de rester pour nous remettre une médaille. Il m'a touché le sexe», a ainsi expliqué une des victimes. Des enfants de choeur ont aussi subi les assauts du prêtre. L'évêque de Chambéry, Mgr Ulrich, reconnaît aujourd'hui que l'abbé Pierre Dufour s'est comporté comme «un prédateur présentant un côté jour et un côté nuit». Avant son interpellation, le prêtre s'attaquait à de jeunes hommes en situation difficile. Il proposait de les héberger et en profitait pour assouvir ses désirs. Pour justifier les fellations et autres actes de sodomie imposés à ses victimes, il leur expliquait que cela leur permettrait «de retrouver la paix intérieure». Pour éviter d'être dénoncé, Pierre Dufour n'hésitait pas à utiliser la menace : «Il m'a dit : «Je te casserai la gueule si tu parles», a révélé un jeune homme agressé.


Le prêtre achetait également le silence de certaines de ses victimes en leur offrant de l'argent. C'est d'ailleurs en retrouvant les traces de mandats envoyés à Daniel, un SDF que les enquêteurs ont pu confondre Pierre Dufour. «C'est un des pires pervers manipulateurs que j'aie rencontrés durant toute ma carrière», estime Me Cathy Richard, avocat de la partie civile. Le vicaire a affirmé, lui, que ses victimes étaient consentantes. Selon les experts psychiatres, l'accusé est «un homme intelligent, doté d'une personnalité perverse avec un mécanisme de déni par rapport à la gravité des faits».

«Dufour est à l'origine du suicide de mon fils»

En 1995, les parents de Sébastien avaient déjà déposé plainte contre le prêtre. Leur fils avait dénoncé l'attitude de l'abbé Dufour. En 1998, le procureur d'Albertville leur avait cependant expliqué que «l'enquête très approfondie (n'avait) pas permis d'établir que le prêtre avait commis des attouchements sur leur fils». Entre-temps, Sébastien, jeune étudiant en médecine de 20 ans, s'est suicidé. Le drame s'est produit en 1997. Alain Gilodi, le père du jeune homme, raconte : «En 1991, Sébastien avait déjà commis une première tentative de suicide. Il nous implorait de ne pas laisser Dufour lui rendre visite.»
Dès mars 1992, les parents de Sébastien avaient écrit à Mgr Claude Feidt, à l'époque évêque de Chambéry, pour dénoncer le comportement du prêtre. Mais
l'évêque leur avait alors répondu qu'il ne croyait pas en la culpabilité de l'abbé Dufour : «Je le connais depuis trente-six ans et je travaille avec lui depuis douze ans», argumentait-il. Il invitait d'ailleurs les parents de Sébastien à rencontrer le prêtre «pour lui parler franchement» avant de conclure : «Depuis votre lettre, je prie tout spécialement pour votre fils et pour vous.» Même si sa constitution de partie civile a été rejetée, Alain Gilodi affirme : «Dufour est à l'origine du suicide de mon fils. Il l'a détruit psychologiquement dès l'âge de 14 ans. Et la hiérarchie de l'Eglise a fermé les yeux alors qu'elle aurait pu éviter de nombreuses autres victimes.» Une analyse rejetée par Mgr Ulrich, actuel évêque de Chambéry, arguant que, dans les années 90, «la justice n'avait rien trouvé contre Pierre Dufour».


L’affaire Dufour éclate en 2003. Julien, venu confier au prêtre ses pensées morbides, porte plainte pour « viol et agressions sexuelles ». « Se faire faire une fellation par un curé, c'est troublant. Je suis athée, j'ai 26 ans, je suis toxico, je suis pédé, mais je suis choqué de voir que c'est un homme d'église qui fait ça. Je venais demander de l'aide, et lui tout ce qu'il pensait, c'est assouvir ses fantasmes », raconte-t-il aujourd’hui. « Je n’ai pas déposé plainte pour moi mais pour les autres », explique le jeune homme. Jérôme, un prêtre de 36 ans est également partie civile. En 1993, il est envoyé en Savoie où il fait la connaissance de Pierre Dufour. « J’avais 23 ans, j’étais vierge, très naïf, fragile. Lui était intelligent, respecté, notable. J’étais fasciné, je recherchais un père spirituel », raconte-t-il. Mais très vite, Jérôme devient un objet sexuel pour le prêtre, il fait une dépression nerveuse et suit une thérapie. « Je n'étais pas d'accord, mais j'étais tétanisé. J'étais une proie pour lui, il m'avait sous sa coupe, il me faisait promettre de ne rien dire », explique-t-il à la barre en éclatant en sanglots : «J'attends ce moment depuis deux ans, j'avais enfoui tellement de choses en moi. » « Un signe de non consentement ? »



Témoignage de Julien Donadio.

Le président de la cour, Hubert Azoulay, lui rappelle alors les lettres qu'il a envoyées à Dufour où il écrit « je t'aime »,
parle « d'échanges de tendres regards », ajoute « je t'embrasse » et signe « ton fils ». Le président évoque ensuite l’achat de cassettes pornographiques par le jeune prêtre. Jérôme explique : « Comme cela, il [l’abbé Dufour] pouvait prendre son plaisir seul et me laisser tranquille. » « S'il avait une telle répulsion, pourquoi est-il revenu au presbytère, pourquoi est-il venu à la fête pour mes 65 ans ? », demande alors l’accusé. « Comment Pierre Dufour pouvait-il décoder ces caresses, ces lettres, ces cassettes comme un signe de non consentement ? », insiste l'avocat de l’abbé, Me Daniel Cataldi. Durant toutes ces années, l’accusé multiplie les cadeaux aux jeunes hommes. Stéphane reçoit un billet d’avion pour La Réunion, Thierry, qui veut se lancer dans le documentaire, reçoit de l’argent pour s’acheter une caméra et une voiture. 



Ce dernier déclarera aux gendarmes : « J’avais l’impression d’être une pute », 
insistant sur le fait qu’il n’était pas consentant. Pierre Dufour, lui, justifie ses amours homosexuels aux yeux de l’Eglise : « Le pape Jean-Paul II dénonce l’homosexualité mais il dit aussi que personne n’a le droit de juger quelqu’un qui le fait. » Faits prescrits La première journée du procès a été consacrée aux attouchements du curé sur des enfants. Pierre Dufour avait alors expliqué avoir «des pulsions, de l’affection, de l’attirance pour les garçons de 12 ans ». Depuis sa mise en examen en décembre 2004, le prêtre a toujours reconnu tous les attouchements commis dans les premières années de son ministère, parfaitement conscient que ces faits sont frappés de prescription. Le procès doit se poursuivre mercredi par l'audition des experts.Reconnu coupable il est condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Chambéry.


Après trois heures de délibéré, les jurés ont suivi exactement le réquisitoire de l'avocat général, Jacqueline Dufournet, qui leur avait demandé d'assortir la peine de prison d'une mesure de sûreté des deux tiers car, chez Pierre Dufour, "le risque de récidive est total et il n'y a aucune possibilité d'amendement", avait-elle affirmé, reprenant les dires des experts. "C'est un immense soulagement de le voir déclaré coupable", a réagi Me Cathy Richard, avocate de deux parties civiles. L'avocat du curé, Me Daniel Cataldi, a déclaré que son client ne ferait pas appel.



Julien Donadio

Aujourd'hui, il est toujours incarcéré à la prison d'Aiton, à la sortie de la vallée et une grande partie de la communauté catholique locale le soutient toujours.

Plus jamais ça...!!

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