Les meurtres d'un aliéné..."normal"...?
Serge Ferraton est né le 2 décembre 1945 à Bruay-sur-l'Escaut, un petit village proche de Valenciennes dans le Nord de la France.
Issu d'une famille pauvre, c'est un enfant solitaire victime des moqueries des autres et des coups de ses parents. À l'âge de 10 ans, il est placé dans un IMP (Institut médico-pédagogique) de la commune d'Armentières, dans le Nord-Pas-de-Calais, une institution rassemblant des enfants orphelins mais également atteints de troubles mentaux et où règne une discipline de fer. Dans cet établissement, les enfants n'ont pas le droit de courir, de jouer, de parler. S'il leur arrive par malheur de ne pas finir leur repas, ils sont gavés des restes du dessert ainsi que du plat chaud mélangés dans une potée ou alors s'ils désobéissent à une des règles du pensionnat, ils sont enroulés dans des couvertures et on les jette dans un bain d'eau gelée.
Il restera jusqu'à l'âge de 14 ans dans cette « prison ». À sa sortie, ne sachant que faire de lui, l'administration judiciaire le place alors dans un asile psychiatrique voisin de l'établissement précédent, alors qu'il n'avait aucun problème mental. À partir de cette époque, ce serait un enfer pour le jeune adolescent. On lui fera subir des opérations, il verra un de ses camarades, à qui il a laissé son lit, le crâne fracassé par un voisin de chambre, on le séquestrera dans sa minuscule chambre dont les murs sont souillés d'urine, témoins d'un colossal manque d'hygiène. Les autres patients le forceront même à avoir des relations homosexuelles. Il aura fait de multiples tentatives d'évasion, mais chacune le renverra dans une cellule encore plus sécurisée.
À l'âge de 20 ans, il sera interné dans un autre établissement psychiatrique, l'établissement de sûreté de Sarreguemines en Moselle. Il sortira de cet enfer à l'âge de 24 ans, à tout jamais marqué par ces évènements.
Serge Ferraton refait toutefois sa vie. Il revient dans le Nord et s'installe à Valenciennes avec une charmante jeune femme, avec qui, il se mariera quelques mois plus tard dans une totale intimité puis aura deux enfants. Malgré tout, Serge Ferraton est toujours considéré comme un « fou ». Voir son article "Qui entre à Armentières entre en enfer" page 28-29...
L'homme s'est donc marié et a eu deux enfants, mais son couple va mal, sa femme le trompe et elle ne s'occupe pas de ses enfants tandis que lui perd son emploi. Un soir d'août 1974, lors d'une violente dispute, il apprend que son fils ne serait pas le sien. Il devient fou de rage et il étrangle d'un coup sec sa femme. Il l'enterre peu après sous la dalle d'un immeuble. Dès lors, il sombre dans l'alcool et quelques temps après, il commet un autre crime, celui d'un petit garçon de 12 ans rencontré dans la rue. Il le viole, l'assomme et le laisse mourir dans la forêt. Le corps est retrouvé et les policiers se rendent tout de suite au domicile de Serge Ferraton : il fait un coupable idéal.
Serge Ferraton va reconnaître le meurtre du petit garçon, ainsi que celui de son épouse. Le procès se tient devant les assises du Nord en 1978. Pendant plusieurs mois de batailles judiciaires, le procureur réclame la peine de mort, mais les jurés s'y opposeront et le condamneront à perpétuité. Serge Ferraton purgera sa peine jusqu'à la fin de ses jours.
Durant ce procès, la société, et plus précisément les établissements psychiatriques, les centres de redressement pour jeunes vont être pointés du doigt. Cette affaire aura au moins témoigné des horreurs que l'on fait subir aux personnes vivant dans ce type d'établissements à cette époque, et aura permis de remettre partiellement en question le modèle de la psychiatrie française.
Il écrira un livre "Ferraton le fou l'assassin" paru chez Solin 1978...
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