A charge...et tout à décharge...!
25 charges pèseront contre Christine Villemin. En voici les tenants et les aboutissants :
(Certaines photos sont celles des différents articles de presse parus à l'époque.)

Première charge - Elle tient à l'absence de toute allée et venue suspecte aux abords de la maison des époux Villemin et sur l'itinéraire, pourtant en terrain largement découvert, et en plein jour qu'un ravisseur aurait dû emprûnter. Il s'ensuivrait, selon la thèse initiale du ministère public, que l'inculpée serait la seule à avoir pu enlever son fils.
- Monsieur Grémillet a vu un véhicule entre 17h05 et 17h10 montant la rue des Champs en direction de la maison des Villemin. Confirmé par son épouse. Selon la configuration des lieux il lui fut difficile d'en voir la marque. Mais vu le créneau horaire ce témoin à très certainement vu l'assassin ou le(s) ravisseur(s).
- Madame Conreaux signalera à Maître Moser que Madame Claudon savait quelque chose de capital. En effet, Monsieur Claude Colin et elle-même avaient vu passer une voiture verte avec un homme rondouillard au volant ainsi qu'une jeune femme rousse à ses côtés. Confirmé par les témoins Méline et Monsieur Alfred Goffeney de part leurs témoignages passés sous serment, à qui Madame Claudon avait fait les confidences.

Rue de Bellevue. Tout de suite après le virage de droite se trouve la rue des Champs direction le pavillon de Jean-Marie et Christine.
Il en résulte que cette charge se trouve anéantie.
Deuxième charge - Le 17 octobre 1984, une empreinte de femme fut trouvée à proximité du lieu "présumé" où l'on aurait immergé Grégory.
- Il a été prouvé que le corps de Grégory n'avait pu être immergé de cet endroit.
- Il n'a jamais été établi que cette empreinte provienne d'une des paires de chaussures de Madame Villemin. La seule paire de chaussure qui ait été saisie chez Christine ne correspond pas avec cette empreinte. Et le jour du drame elle portait des espadrilles. Ce qui ne correspond nullement à l'empreinte découverte.
Il en résulte que cette charge se trouve anéantie.
Trajet "présumé" par l'accusation

1) Départ du pavillon. 2) Mettre la lettre à la poste....

3) Virage à gauche, rue de Bellevue direction Docelles.

4) Prendre la route de Docelles. 5) Descendre sur la rive du Barba...

6) Injecter l'insuline 7) Jeter le corps à l'eau...

8) Revenir au pavillon...
Troisième et quatrième charges - Toujours à l'endroit où l'on aurait immergé le petit Grégory, l'on a retrouvé des empreintes de pneus "ZX" calibre 315x14. Ces empreintes sont analogues aux pneus de Christine Villemin mais pas à ceux de Bernard Laroche.
- Il a été prouvé que le corps de Grégory n'avait pu être immergé de cet endroit.
- Une expertise réalisée en décembre 1985 et janvier 1986 n'a pas permis aux technicien d'affirmer que ces empreintes provenaient des pneus de la voiture de Madame Villemin.
- Il existait une différence dans la largeur des crampons.
- Les experts ne possèdaient pas un moulage de toute la bande de roulement.

Laroche après sa libération...
Il en résulte que ces charges se trouvent anéanties.
Cinquième charge - Il existe une discordance entre les déclarations de Christine Villemin qui affirme avoir prit la route en direction de Docelles pour aller chercher son fils Grégory chez sa nourrice Madame Jacquot aux H.L.M. Gais Champs. Des témoins affirment au contraire, qu'elle a prit la route direction Bruyères vers la poste.

Le juge Simon.
Maria Pereira épouse Leite dira que Christine est partie en direction de la poste.
Maria de Sousa Fernandes dira que Christine s'est dirigée vers la poste.
Anne-Marie Texeira (amie de Marie-Ange Laroche) dira avoir vu Christine mettre une lettre à la poste.
Danielle Cordier dira avoir vu Christine mettre une lettre à la poste.
Sandrine Loups dira avoir vu Christine monter dans sa voiture devant la poste.
Marie-Lise Blondel épouse Pereira l'aurait vu faire demi-tour devant la poste.

Anne-Marie Texeira après audition reconnaîtra qu'elle ne sait plus si c'était le 15 ou le 16 octobre.
Danielle Cordier a déclaré qu'elle était sûre qu'une autre passagère se trouvait dans la voiture dans laquelle elle se trouvait. Cette passagère, après enquête, confirmera qu'elle n'était pas dans la voiture. Danielle Cordier reconnue son erreur.
Marie-Lise Blondel, selon la configuration des lieux, aurait dû voir Christine Villemin faire son demi-tour en entier et non en partie comme elle l'avait déclaré. Marie-Lise Blondel reconnue son erreur.

Le juge Simon accompagné du procureur Estragin lors d'une reconstitution le 14 octobre 1987.
Maria Fernandes, toujours selon la configuration des lieux, qui se rendait à la gare, n'aurait pas dû voir Christine Villemin de nouveau roulant en direction de Docelles. C'est à dire quand elle eut fait son demi-tour. Théorie impossible.
Sandrine Loups était en très mauvais terme avec Christine Villemin. Déclarations irreçevables.
Maria Pereira donna un point de repère non convaincant car il se situe le lendemain du drame et non le jour même.
Et surtout qu'il n'est nullement certain et encore moins prouvé que la lettre revendiquant l'assassinat ait été postée dans ce créneau horaire.
Il en résulte que ces charges sont anéanties.
Sixième charge - Le soir du crime les volets du pavillon des Villemin étaient fermés.
Aucun rapport avec un assassinat. Mesdames Gremillet veuve Grandidier et Marie-Noëlle Remy épouse Rollot affirmèrent que très souvent leurs volets étaient aussi fermés même par beau temps. Ce qui n'a absolument rien d'insolite.

Avec Maître Chastant.
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Septième charge - Monsieur Bernard Colin promenait son chien ce 16 octobre 1984. Il avait été dépassé à 17 heures par Christine Villemin, en voiture, qui rentrait chez elle. 200 mètres plus haut, en passant devant le pavillon, donc 3 ou 4 minutes plus tard, ni Grégory ni la voiture n'étaient pas devant le pavillon.

Monsieur Bernard Colin...
Dans sa première déclaration, Monsieur Bernard Colin n'avait pas "fait attention" à la présence de la voiture. Donc il est pas établi qu'elle ne stationnait pas dans le garage. Quant à Grégory, il est probable qu'il jouât dans celui-ci ou sur le côté du pavillon, endroit où il avait l'habitude de jouer avec ses voitures.
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Huitième charge - Christine Villemin n'a pas été en mesure de donner le contenu de l'émission radiophonique "Les grosses têtes" qu'elle dit avoir écoutée de retour à son domicile le 16 octobre 1984 et avoir donnée une indication inexacte sur une publicité de la vache Grosjean.

Cet oubli et cette erreur peuvent s'expliquer aisément dès lors que l'inculpée était occupée à des tâches ménagères exigeant une certaine attention comme le repassage, qu'elle ne se trouvait pas dans la pièce où se trouvait la chaîne hi-fi, qu'il s'agissait d'émissions banales et qu'elle a été par la suite gravement perturbée.
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Neuvième charge - Le ravisseur aurait revendiqué son crime avant de l'avoir commis. Il fallut donc qu'il fut sûr de disposer de sa victime. Or seule une personne très proche de l'enfant pouvait facilement l'emmener car cet enfant était "très méfiant". Seule la mère avait ses dispositions.

Si le(s) ravisseur(s) ont prit l'enfant entre 17h05 et 17h10, ils avaient très largement le temps d'aller poster la lettre à la poste. Corroborée par Murielle Bolle, si l'on s'en tient à ses premières déclarations, que Bernard Laroche s'est arrêté dans le centre de Lépanges. Bernard Laroche était venu plusieurs fois chez les Villemin, sous le surnom de "Popof" et que Grégory avait déjà eu l'occasion de jouer chez son oncle Michel Villemin avec le petit Sébastien, le fils de Laroche. Donc Grégory ne se serait pas particulièrement méfié de quoi que ce soit. Et les époux Méline et Monsieur Bernard Colin affirmèrent que Grégory n'était absolument pas sauvage.

Michel Villemin sortant de la gendarmerie... A droite Murielle Bolle.
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Dixième et onzième charges - Il semblât curieux à l'accusation que le corbeau savait que Christine recherchait son enfant lors du coup de fil revendiquant le meurtre reçut par Michel Villemin.
Manque de cohérence. En effet rien ne dit que le corbeau n'a pas téléphoné, avant d'appeler Michel Villemin, chez Christine. N'obtenant pas de réponse, il en déduisit que la maman recherchait son fils.

Il en résulte que cette charge est anéantie.
Douzième charge - Selon la cour de Nancy les chronométrages auraient démontré que Christine Villemin avait le temps d'assassiner son fils entre 17 heures et 17 heures 30. Et qu'elle aurait pu téléphoner ensuite chez Michel Villemin pour revendiquer son crime.

Selon la Police Judiciaire il aurait fallut à la mère 29 minutes et 57 secondes pour quitter à 16h52 son usine, d'aller chercher son fils chez la nourrice, regagner son domicile, aller à Docelles, jeter l'enfant et revenir à Lépanges. Elle aurait pu être de retour à 17h21 et 57 secondes (!) se montrer aux témoins Claudon, Méline et B. Colin, rechercher en leur présence son fils, retourner aux Gais Champs chez la nourrice, d'y être vu par mesdames Ory et Pluton, aller chez Madame Parisse où se trouve un camarade de Grégory et revenir sur les hauts de Lépanges pour appeler, vers 17h45 la gendarmerie...En fait la cour de Nancy suppose que tout ce parcours s'est fait sans le moindre accroc, sans la moindre hésitation, sans le moindre ennui routier, sans le moindre obstacle.

Madame Claudon...
Le contrôlographe du car de Monsieur Christian Claudon, qui bloquait Christine quand elle revint de chez la nourrice, bloqué lui même par les vaches de sa mère, restreint très fortement ce temps. Celui-ci après vérification et contrôle d'état de fonctionnement indiquât 17h32 et 41 secondes. Heure exacte de l'appel revendiquant le meurtre. Elle ne peut donc être l'auteur du coup de fil. Compte tenu des recherches qu'elle a entreprises, dans sa maison, aux abords de celle-ci, chez ses voisins et dans le centre de Lépanges, qui ont duré très certainement plus de 10 minutes, il fut impossible qu'elle ait le temps de commettre son forfait. De plus Monsieur Colin Bernard et Madame Grandidier l'avaient vu monter la rue des Champs à 17h, cela réduit le temps à 20 minutes. Ce qui est mathématiquement impossible.

Il en résulte que cette charge est anéantie.
Treizième et quatorzième charges - La cour de Nancy a déduit que les voix des appels téléphoniques étaient celles d'un homme et d'une femme. Elle n'a toutefois pas dit que l'une des voix était celle de Christine Villemin, mais eu égard à la teneur des communications anonymes, la cour de Nancy en a déduit que leur auteur était une femme de la famille Villemin.
Ecouter la voix d'un des corbeaux.
Les propos tenus par la première ainsi que la deuxième voix portent à croire que les correspondants anonymes conaissaient bien la famille Villemin. Malgré l'ampleur des investigations effectuées, toutes les mesures d'instruction n'ont apporté aucun élément déterminant pouvant faire croire, sans aucun doute possible que c'était la voix de Christine Villemin.

Les trois juges : Lambert, Simon, Martin...
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Quinzième charge - Une cassete a été enregistrée par l'inculpée. Cet enregistrement permet d'entendre une voix d'enfant que les Villemin affirmaient être celle de Daniel, le fils de Michel Villemin. Or les experts ont estimé que cette voix provenait de la pièce où l'enregistrement avait été effectué. C'est à dire chez Christine. Donc c'était la voix de Grégory. Il est a noter que Christine a fini par admettre que c'était bien la voix de son fils.
Ceci dit, c'est Christine qui a elle-même enregistrée la voix de son fils lors de cet appel du corbeau. Quoi qu'il en soit, on ne saurait dès lors tirer de cet élément d'appréciation une preuve ou présomption de la participation de l'inculpée à l'assassinat de son fils.

Michel Villemin et sa femme Ginette à la sortie de la gendarmerie de Bruyères le 11 septembre 1989...
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Seizième et dix-septième charges - Christine Villemin, selon les accusateurs, serait la seule à connaître les faits rapportés par le corbeau. En l'occurence le déplacement à Aumontzey de Gilbert Villemin qui avait été avisé le 14 septembre 1982 à Granges-sur-Vologne d'un accident prétendument subi le même jour par sa mère. L'intervention le 13 décembre 1982 au soir de Monique et d'Albert Villemin, ce dernier armé d'une carabine, au domicile de Christine Villemin qui aurait été victime de menaces. Le projet de tendre un piège à André Jacob, soupçonné au mois de Mars d'être le corbeau. L'installation de rétroviseurs installés au domicile d'Albert Villemin en janvier 1982. La crevaison de trois pneus de la voiture de Jacky Villemin par son frère Jean-Marie en novembre 1982. En outre l'inculpée, eu égard à son emploi du temps, serait l'auteur des 87 coups de fil anonymes répertoriés par la PJ.

Albert et Monique Villemin...
Ces charges sont totalement dépourvues de consistance si l'on considère qu'il y a eu environ 1000 appels anonymes et qu'à eux seuls, Albert et Monique Villemin en ont reçut 800, alors que le service national de la police judiciaire de Nancy n'en a repertorié que 87. Que le cahier que Monique Villemin où était inscrits les appels était très incomplet. Que dans son tableau récapitulatif des appels du corbeau la police judiciaire s'est bornée à étudier la disponibilité d'Albert Villemin, ce qui ne justifiait guère, des époux Jean-marie Villemin, des époux Bernard Laroche, des époux Michel Villemin et des époux Jacky Villemin, alors qu'il existait beaucoup d'autres suspects parmi les membres des familles Jacob, Bolle, Verdu, Hollard, Delaite et bien d'autres encore.

Reconstitution du trajet par le juge Simon...
Que les vérifications effectuées au cours du supplément d'information ont montré que les dates et heures retenues par les auteurs étaient incertaines.
Que cette nouvelle instruction a permis de situer dans le temps beaucoup d'autres appels qui ne pouvaient émaner de l'inculpée. Que l'imputation à la mère de Grégory de plusieurs communications est incompatible avec les bruits de fond perçus par leurs destinataires : cliquetis d'un métier à tisser, sifflement d'une machine à rotation, coups de marteau clouant une caisse, bruits de pas d'une personne montant un escalier (pas d'escalier chez Christine), que lors d'un appel, Monique Villemin cru reconnaître les rires et la voix de Valérie Jacob, fille de son frère Marcel et d'une amie de celle-ci Isabelle Bolle, belle-soeur de Bernard Laroche. Que Christine ignorait totalement les faits relatés par le corbeau. Quant aux faits rapportés par le corbeau et que Christine Villemin aurait été la seule à connaître, le supplément d'information a établi que beaucoup personnes auraient pu les connaître.

Murielle Bolle et Gérard Welzer.
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Dix-huitième charge - Le nombre des unités de base de la consommation téléphonique des époux Jean-Marie Villemin aurait augmenté de manière considérable lors des périodes de grande activité du corbeau, notamment en janvier et février 1982, en novembre et décembre 1982 et de janvier à avril 1983.
Cette considération n'apparaît nullement décisive parce que l'activité du corbeau n'a pas été limitée à ces périodes. Elle s'est exercée de manière continue de 1981 à 1984 et au-delà.

Le capitaine Sesmat.
Il convient d'observer : que la plupart des abonnés dont les factures ont été étudiées ont eu à une certaine époque des consommations anormales. * Bernard Laroche deuxième bimestre 1984 : 844 taxes de base. 4 fois plus que la normale. * Albert Villemin au quatrième bimestre 19981 : 405 unités de base. plus du double que la normale. * Marcel Jacob cinquième bimestre 1982 : 317 unités de base. 4 fois que d'habitude. * Jacky Villemin deuxième bimestre 1982 : 248 unités de base. 2 fois plus que la normale. * Roger Jacquel quatrième bimestre 1984 : 110 unités de base. 2 fois plus que la normale.
Et que les appels du corbeau provoquaient d'autres appels de ses interlocuteurs.

Il en résulte que cette charge est anéantie.
Dix-neuvième charge : Des appels téléphoniques anonymes malveillants au préjudice de l'entourage professionnel de Christine Villemin coïncideraient avec les périodes où les relations de celle-ci étaient mauvaises.

Albert et Michel Villemin...
Christine Villemin a nié avoir adressé de telles communications hormis quelques appels muets à Monique Colin et à Claudine Boulay. Cette dernière a prétendu avoir reconnu la voix de Christine grâce au léger cheveux sur la langue de celle-ci. Or, l'existence d'un défaut de prononciation de l'inculpée n'a jamais été constatée par les magistrats. A supposer même que Christine Villemin soit l'auteur de certaines communications, ce qui n'est pas à exclure, il n'en résulterait pas qu'elle soit le corbeau qui tracassait la famille Villemin et encore moins qu'elle soit l'assassin de son fils.

Il en résulte que cette charge est anéantie.
Vingtième, vingt-et-unième et vingt-deuxième charges : Ayant examiné les lettres anonymes écrites par le corbeau les 4 mars 1983, 27 avril 1983, 17 mai 1983 et 16 octobre 1984, les experts Alain Bucquet et Françoise de Ricci d'Arnoux, ont mis hors de cause Bernard Laroche et ont accusé Christine Villemin d'en être l'auteur. Les experts Jean Glenisson et Roger Laufer ont formellement accusé Christine Villemin d'être l'auteur de ces lettres. Les experts Geneviève Gille, Eliane Petit de Mirbeck et Paul Ourliac chargés d'étudier exclusivement la lettre de revendication du 16 octobre 1984 ont également mis hors cause Bernard Laroche et les ont attribuées à Christine Villemin.

Les époux Villemin et leurs avocat, Lombard et Lagrange...
L'imputation à l'inculpée de ces écrits dont les thèmes étaient les mêmes que ceux du corbeau : allusions à des différends familiaux, à la situation de Jacky le "bâtard", à la pendaison probable d'Albert Villemin, critiques du "chef", menaces contre celui-ci, manifestations de haine et de vengeance ainsi que l'apparente concordance de ces trois rapports rédigés par des experts éminents constituaient à l'évidence contre Christine Villemin une charge particulièrement accablante.

Le supplément d'information remet cette opinion en question. Il a d'abord contribué à démontrer les difficultés de l'expertise en écriture qui ne révèle pas d'une science exacte et donne des résultats aléatoires et incertains. Sur des écrits en caractères typographiques et par suite impersonnels et facile à modifier ou imiter, sur des écritures déguisées, sur des pièces de comparaison très nombreuses émanant de scripteurs comme : originaires de la même contrée, d'âges souvent très voisins, appartenant au même milieu social et ayant reçu la même formation scolaire.
Ce qui multipliait les risques d'erreurs.

Marie-Christine Jacques l'épouse de Gilbert Villemin, vient en seconde position derrière Christine Villemin sur la liste des personnes ayant pu écrire ces lettres. Mais on ne peut donner un ordre numéroté qui soit parfaitement exacte. N'oublions pas que c'est de la mort d'un enfant dont il s'agit et il serait aléatoire et incohérent d'accuser quelqu'un sur une science aussi peu fiable.

Il en résulte que cette charge est anéantie.
Vingt-troisième et vingt-quatrième charges : Le 15 avril 1985 le SRPJ de Nancy découvre, chez Christine Villemin, des morceaux de cordelettes identiques à celles qui ont lié les membres du petit Grégory. Il va donc de soi que Christine Villemin est apparement impliquée dans l'enlèvement de l'enfant.

Avant de comprendre cette charge il faut bien dire que, quand les policiers du SRPJ reprennent le dossier, il fallait qu'ils soient meilleurs que les gendarmes...On leur fait confiance. Et quand on fait confiance en quelqu'un, il ne doit pas décevoir, alors il est capable de tout...! Imaginons que les policiers bâclent le dossier comme l'ont fait le juge Lambert et les gendarmes...Qui s'occupera de l'enquête après...? Mon boulanger ?! Alors les policiers ont "fabriqué" des preuves...(C'était mon aparté pour les cordelettes). Lambert qui dira que Christine avait un charme indescriptible. Amoureux Lambert ? Certes non...Attiré ? Certes oui...

Christine Jacquot et ses enfants...
Une telle conclusion apparaît hâtive si l'on considère :
Qu'au début de l'enquête les gendarmes n'avaient pas découvert le moindre morceaux de cordelette chez les époux Villemin. Que si Christine Villemin était le ravisseur de l'enfant et l'avait ligoté d'elle-même, il serait surprenant, qu'une femme aussi intelligente et d'une grande présence d'esprit ait laissé ce genre de preuve accablante.

Petitmont, chez la grand-mère de Christine.
Que les perquisitions des policiers du SRPJ des 15 et 23 avril 1985 ont été faîtes au moment où Jean-Marie Villemin était incarcéré et Christine résidait chez sa grand-mère et donc que la maison était inoccupée...Que Monsieur Martial Davide ayant déménagé le pavillon des époux Villemin la semaine suivant le meurtre de Bernard Laroche et que les pièces étaient vides à part quelques objets dans le grenier.

Davide Martial
Que de nombreux témoins et enquêteurs ont constaté l'existence de ce genre de cordelettes un peu partout dans la maison (jusque dans des chéneaux). Que les seuls fragments présentant une parfaite similitude avec ceux retrouvés sur le corps de Grégory, sont un cordeau prélevé dans le jardin de Georges Jacob, l'un des deux morceaux prélevé sur le tuyau d'arrosage de Jean-Marie Villemin chez Madame Billiet et de deux morceaux retrouvés dans la cave du pavillon. Que Georges Jacob ait pu en donner à n'importe qui sans s'en rappeler. Que ce même Georges Jacob en avait donné aux gendarmes et à des journalistes. Que les morceaux de cordelettes saisies n'ont pas été mises sous scellés devant témoin.

Que les policiers de la P.J. ont émis un doute quant à leur procédure. Que le 19 novembre 1987 Monsieur Gérard Dintinger, époux d'une des soeurs à Christine, participant à une perquisition avec le commissaire Corazzi, avait été interdit de rentrer dans le pavillon. Il avait remarqué que deux tuiles du toit avaient été enlevées et posées l'une sur l'autre. Qu'il en avait fait part aux policiers qui n'en tinrent pas compte suggèrant qu'elles avaient été déplacées par le vent (!!).

Le juge Simon.
Ils avaient quand même accepté de les remettre en place et Monsieur Dintinger, à ce moment là, leur signala la présence d'un long morceau de cordelette. Les policiers lui répondirent que celà ne les intêressait pas...Que certains journalistes ont accusé les policiers de la SRPJ, notamment le commissaire Corazzi, d'avoir fabriqué des preuves. Selon la magistrature ce n'est pas à exclure, car Madame Régine Thellier avait, un jour, vu un homme sur le toit. Il est donc impossible de déterminer si Christine Villemin possédait des morceaux de cordelettes au moment du crime.

Georges Jacob
Il en résulte que cette charge est anéantie.
Vingt-cinquième et dernière charge : Selon la Cour de Nancy Christine Villemin aurait menti le 10 octobre 1984 en racontant à sa contremaîtresse, pour excuser une absence, qu'elle avait dû se rendre à la gendarmerie sous le pretexte d'un appel du corbeau.

Elle a reconnu avoir inventé ce pretexte sous les conseils de Jean-Marie. Isolé d'autres charges un tel mensonge ne saurait servir à prouver la culpabilité de la mère de Grégory.
Il en résulte que cette charge est anéantie.

Après avoir examiné les charges pesant sur des tiers, la Cour dit et juge qu'en l'état il n'y a aucune charge contre Christine Villemin d'avoir assassiné son fils.
Cas unique dans les annales de l'histoire de la justice française...

Non-lieu prononcé le 3 février 1993.
Messieurs Lambert, Bezzina et Corazzi...j'ai quelques Kleenex pour vous...! En parlant d'incompétences, les hautes autorités n'avaient-elles pas installé le juge Lambert dans un "département traquille, là où rien ne se passe" ? dixit "Le petit Juge"...
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