"Le Barba..."
Lieu de la découverte du corps et les cordelettes
(Certaines photos sont celles des différents articles de presse parus à l'époque.)

Madame Josiane Lahaye épouse Guyot était passée sur le pont Bailey (la Rue de Turenne traverse le pont Bailey) vers 17h30. En voyant une forme bleue, elle crut aperçevoir un sac poubelle. N'y prêtant pas attention elle continua son chemin. Mais quand elle apprit la nouvelle du décès de Grégory et surtout le lieu de sa découverte, elle fit le rapprochement avec ce fameux sac poubelle bleu et en fit part aux gendarmes. Mais quand ceux-ci lui montrèrent les vêtements du petit Grégory elle ne put confirmer ses affirmations. Surtout que l'on re retrouvera pas de sac poubelle en cherchant en aval, jusqu'au barrage...

Le pont Bailey
L'endroit d'où a pu être immergé Gregory prête à confusion également (plus connu sous le nom de "point privilégié"). Des témoins, Monsieur et Madame Godfroy avaient observé le 16 octobre 1984 vers 17h20 des traces d'eau laissées par une voiture ayant quitté le petit chemin de terre, à 400 mètres en aval du pont Bailey dans le centre de Docelles,
pour reprendre la direction de Lépanges par la route D44.

Près de l'endroit du "point privilégié".
L'endroit d'où partent ces traces de pneus, le long de la voie ferrée Deycimont-Docelles, ne sont pas les mêmes que la voiture de Bernard Laroche mais les mêmes que la voiture de Christine Villemin. Mais il est plus que probable que l'enfant n'a pas été jeté de cet endroit et des pneus comme ceux-ci sont très répandus dans la région.

Essai de flottaison.

Embouchures du canal de la papeterie à gauche et le Barba en face.
Les empreintes de talon de femme ne sont pas les mêmes que la paire de chaussures saisie chez la mère de l'enfant. Christine d'autre part, portait des espadrilles ce jour là. Ce qui n'a rien à voir avec ces empreintes. Mais comme je l'ai dis plus haut, il est fort improbable que le corps de Grégory ait été jeté dans l'eau à cet endroit. En effet, il lui aurait fallut parcourir près de 400 mètres dans une eau violente, avec des morceaux de roches et à un endroit précis la rivière est presque "vide", au plus 15 centimètres de profondeur. Les vêtements du petit étaient très propres et absents de toutes végétations ou autres accrocs. De plus, il paraît impossible que le corps est été mis à l'eau entre 17h15 et 17h30. Il est probable qu'il est été mis à l'eau dans le "Barba". Petite rivière parallèle à la papeterie et au hangar des pompiers dans le centre de Docelles. C'est noir de monde à cette heure là...! Les ouvriers de la papeterie quittent leur travail à 17 heures et prennent les deux ponts enjambants la Vologne...

Et le site est parfaitement dégagé...Il fait beau, les badauds traînent...Les gens sont à leur fenêtre, et même s'ils n'y sont pas ils sont derrière les rideaux...! Quelqu'un aurait vu quelque chose. Ou entendu...Le gosse aurait forcément crier s'il était vivant...Mais s'il est inconscient...! (Voir l'autopsie) Et si le corps a été mis à l'eau plus tard, à cet endroit, comment le corbeau peut-il annoncer son crime dès 17h32...? Et si le corps a été jeté vers 17h30, comment se fait-il qu'il soit arrivé à 21h15, alors qu'il n'a mis que 6 minutes pour parcourir les 50 mètres qui séparent la caserne de l'endroit où on l'a trouvé...? Personne ne remarqua un élément étranger dans cette eau entre 17h30 et 21h15...Le témoin cité plus haut qui dit avoir vu un sac poubelle bleu n'est sûr de rien...! Ou personne ne se souvient.


Essai de flottaison du juge Simon.
Si le corps avait parcouru les 400 mètres du point "privilégié" au pont Bailey, il aurait eu forcément des écchymoses ou des égratignures diverses...De plus, après divers essais de flottaison, le corps restait bloqué sur la crête du barrage 200 mètres plus bas. Le corps du petit garçon était intact...Les vannes de la Bresse ont été réouvertes pour les essais de flottaison. Le corps a mit 26 minutes et 30 secondes pour faire les 400 mètres, aidé par un pompier qui, étant bloqué, le dégagea 2 fois. Par contre, les essais de flottaison effectuées sur les rives du Barba (ici prise de vue de Deycimont) sont concluants, immergé près de la caserne des pompiers. (sur la photo, le trait bleu foncé correspond au trajet impossible, qui part du point "privilégié" à 400 mètres en amont, où l'on a trouvé des empreintes de pas, celui qui accablera Christine Villemin. Le trait bleu clair correspond au trajet qui part de la papeterie. Le corps immergé lors de les essais de flottaison n'arrivait jamais où le corps a été retrouvé. Le trait rouge correspond au trajet où le corps a probablement été immergé dans le ru "Le Barba". Il arrive à l'endroit exact où on l'a retrouvé)...De cet endroit il mettra 6 minutes et 12 secondes pour arrivé à l'endroit exact où on l'a retrouvé. C'est là également que l'on a retrouvé la seringue d'insuline et c'est à cet endroit que Muriel Bolle dit avoir vu Bernard Laroche emmener Grégory et revenir seul...Pour moi il est clair que le corps a été immergé ici et nulle part ailleurs...mais beaucoup plus tard...entre 18 et 19h30 !

Derrière la caserne des pompiers.
Les cordelettes
Grégory avait les poignets et chevilles liés. Les noeuds simples étaient faits sur la face avant au niveau des poignets et sur la face arrière de la base des mollets. La cordelette lui inserrant le cou était nouée à la manière d'un lacet.
Ce genre de cordelette est, parait-il, vendue par un droguiste de Granges-sur-Vologne. Celui-ci dira aux enquêteurs du SRPJ de Nancy : "J'ai comme clients habituels les époux Albert et Monique Villemin, leur fils Michel et Gilbert ainsi que Jacky. Seuls Jean-Marie et Christine ne sont, à ma connaissance, jamais venus chez moi". Il déclarera même n'avoir jamais vendu de cordelette du type de celle qui enserrait l'enfant. Les policiers, malgré leurs vérifications, ne trouveront jamais l'origine de ces ficelles. Le 15 avril 1985 la police judiciaire de Nancy découvre au domicile de Jean-Marie Villemin 9 morceaux de cordelette absolument identiques à celles ayant servi à attacher le petit garçon. Et le 23 avril suivant des morceaux de cordelettes semblables ont été découvertes chez Madame Billiet à Grandvilliers sur un tuyau d'arrosage.

Madame Billiet.
Ce type de ficelle est rare dans la région. Seul Georges Jacob, frère de Monique Villemin, en possédait une pelote. Des morceaux passent de mains en mains, on se les donne quand on en a besoin. Jean-Marie soutient qu'il a remis un morceau de cette cordelette à Bernard Laroche pour attacher une règle de maçon sur le toit de sa voiture. Ce que Gilbert et Albert Villemin démentiront. Il serait donc vraisemblable que les Villemin, avec Georges Jacob, aient été les seuls à posséder ces morceaux de cordelettes. Ce qui est une pure hypothèse gratuite. Pourquoi ne pas avoir jeté les cordelettes après le meurtre ?. Un oubli tel que celui-ci est contradictoire avec le scénario parfait du crime de l'enfant. Jamais un assassin n'oublierait un de ses éléments criminels...chez lui...!


Georges Jacob dans sa cave avec les cordelettes.
Pourquoi les gendarmes, au tout début de l'enquête, n'ont pas trouvé ces cordelettes (voir "Non-lieu de Christine"), alors qu'elles étaient visibles...? Les policiers du S.R.P.J. en retrouveront, pas une, mais 9 morceaux...! Ce que l'on ne savait pas c'est que les gendarmes n'ont pas dressé le moindre procès-verbal de cette première visite-perquisition...Christine dira que les gendarmes, le soir même de la mort de l'enfant, avaient regardé si le fer à repasser était chaud...mais pas de P.V. non plus. De cette énorme lacune, les policiers profiteront...! Encore une erreur...Il y avait au total 3 mètres 70 de cordelettes qui liaient les membres de Grégory. Dans les scéllés il en manquait une grande partie...Où se trouve le reste...? Devinez...

Photo extraite du livre "Laissez-moi vous dire"
Le jour où les policiers sont venus chercher les morceaux de cordelettes chez Jean-Marie, le pavillon était vide ayant été déménagé par Monsieur Martial Davide, chez lequel on entreposa les meubles, un mois auparavant. Christine, en tant que partie civile était présente ainsi que son beau-frère Gérard Dintinger. Celui-ci fut convié à rester dehors pendant la perquisition. S'en vint l'histoire des deux tuiles empilées l'une sur l'autre sur le toit. "C'est le vent" concluera un policier (!!). Le beau-frère signalera un grand morceau de cordelette traînant dans la gouttière mais celle-ci "ne nous intéresse pas" lui répondra son interlocuteur...Comment peut-on conclure qu'un "morceau de cordelette", alors que c'est ce que l'on cherche, n'est pas intéressante !? Forcément, ils en avaient déjà assez...! Les policiers de Nancy mettront une heure pour trouver les cordelettes, confectionner les scellés et taper leur procès-verbal...! Quelle rapidité quand on a tout sous la main...!!

Le commissaire Corazzi, qui "rajouta" des morceaux de cordelettes dans le pavillon afin d'incriminer Christine Villemin.
Les seuls morceaux de cordelettes ayant une parfaite similitude avec celles du crime ont été trouvé dans le jardin de Georges Jacob (puisqu'il en possédait une pelote), chez Madame Billiet (d'ailleurs absente lors des scellés et s'aperçevra que ce n'est pas sa signature sur ceux-ci !), un de ces morceaux liait le tuyau d'arrosage de Jean-Marie Villemin, et les 9 morceaux dans le pavillon de Jean-Marie dont deux dans la cave, 4 dans le garage fermé, un dans la charpente et deux dans les combles. Georges Jacob qui possède un grand nombre de ces cordelettes en a donné aux journalistes et aux gendarmes. Il rajoutera, au procès de Jean-Marie en 1993, que les policiers en avaient prit dans son jardin. "Faux" rétorquera Corazzi, cette cordelette ont en a même pas trouvé chez les commercants". "Faux !" dira Jacob. "On a tout de même pas fabriqué cette cordelette spécialement pour moi !". Et toc...
Comme il en "traîne" un peu partout dans son jardin, n'importe qui aurait pu en prendre à son insu. Où qu'il n'est pas exclut qu'il en ait donné à d'autres personnes. On ne note pas toujours ce genre de chose...Au printemps 1985 le SRPJ vient prendre 50 centimètres de cordelette chez Georges Jacob. Sur aucun procès-verbaux cette saisie ne figurera...! Donc les énigmatiques cordelettes restent....énigmatiques...! Le commissaire Corazzi devra s'en contenter...Madame Régine Thuilier, une voisine, a vu en avril 1985 un homme marcher sur le toit du pavillon des Villemin...Le père Noël en avance sur les dates...?
Elément essentiel : Le 20 avril 1985 le journal France-soir titrait : "La police est sur le point de trouver la preuve matérielle". Le Parisien Libéré titrait : "La preuve qui fera tout basculer"...Le 25 avril 1985 Corazzi trouvait les cordelettes !! Comment ses journaux pouvaient-ils savoir que 5 jours après, les policiers allaient trouver ces éléments...?? Je vous laisse seul juge de la déduction !
Entre un commissaire "douteux" et un journaliste, en l'occurence, Jean-Michel Bezzina qui dit un jour à Christine : "L'opinion publique vous jugera et sachez que l'opinion publique, c'est moi !!", elle était mal barrée...!
Paul Rochas l'expert qui a analysé les cordelettes déposa auprès du juge Simon : "Le lendemain de mon expertise j'ai téléphoné au juge Lambert pour lui dire qu'à mon avis nous pouvons affirmer que la cordelette sous scéllés n°7 (cordelette saisie chez Georges Jacob) était identique à celle qui constituait les liens de la victime. Comme il y a eu un silence à l'autre bout du fil, je l'ai interprété à tort ou à raison, comme quelque chose qui troublait le juge Lambert. J'ai pu lui dire à peu près ceci en substance : ce n'est peut-être pas le résultat que vous attendiez, et il m'a répondu que dès lors qu'il y avait une certitude, il n'y avait qu'à s'incliner...". Ca aussi ça ne s'invente pas...!
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