AFFAIRE GREGORY VILLEMIN

                                              

Ecouter la voix du corbeau


 

 

DERNIERES NOUVELLES

20 décembre 2011 - Décès de Jacky Villemin



21 Mars 2010 - Décès de Michel Villemin


 

Vingt-cinq ans après l'assassinat de son neveu Grégory, retrouvé noyé pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984, Michel Villemin avait déposé en février dernier une demande de constitution de partie civile.

Les magistrats de la chambre de l'instruction de Dijon, en charge du dossier depuis sa réouverture en décembre 2008, avaient examiné cette demande le 24 février dernier, et doivent rendre leur décision mercredi prochain.

Michel Villemin avait par ailleurs été l?un des acteurs majeurs de "l?affaire Grégory" dès le début de l'enquête, puisqu'il avait toujours affirmé avoir reçu l'ultime appel du "corbeau" qui revendiquait le crime du garçonnet, à 17h32.

Les parents du petit Grégory l'avaient pourtant régulièrement soupçonné d'être l?auteur des appels téléphoniques anonymes qui a harcelé l'ensemble des membres de la famille Villemin de septembre 1981 à octobre 1984.

Michel Villemin était par ailleurs très lié à son cousin Bernard Laroche, un temps suspecté de l'assassinat de Grégory avant d'être abattu par Jean-Marie Villemin - père de l'enfant et frère de Michel - le 29 mars 1985.

Depuis la réouverture de dossier en 2008, des traces génétiques ont été découvertes sur plusieurs scellés, dont certaines lettres du corbeau.

Elles sont actuellement en cours de comparaison avec des prélèvements ADN réalisés sur une cinquantaine de personnes liées à l'affaire.

L'Express

Voir le Fichier : MichelVillemin-RTL-Fogiel251006.wma
 

19 novembre 2009

DIJON — Le parquet général de Dijon a annoncé jeudi avoir requis l'irrecevabilité des constitutions de partie civile de Marie-Ange Laroche et de ses enfants dans le dossier Grégory.

Le procureur général près la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, a déclaré à l'AFP avoir déposé "mardi soir au greffe de la chambre d'instruction des réquisitions demandant de déclarer irrecevable la demande de partie civile de Mme Laroche et de deux de ses enfants".

Selon le magistrat, ses réquisitions s'appuient sur "le motif essentiel de l'absence de liens proches" entre la veuve de Bernard Laroche et le petit Grégory Villemin, assassiné en 1984.

Marie-Ange Laroche, veuve de Bernard Laroche, un temps soupçonné de l'assassinat de Grégory avant d'être tué par le père de l'enfant, avait annoncé le 2 novembre lors d'une conférence de presse à Paris, qu'elle allait se constituer partie civile dans l'instruction, rouverte en 2008, sur la mort du petit garçon.

Me Thierry Moser, l'un des avocats de la famille Villemin, avait indiqué que le procureur général avait "pris des réquisitions d'irrecevabilité des constitutions de partie civile des consorts Laroche, estimant que les conditions juridiques de cette constitution n'étaient pas remplies".

La décision appartient maintenant à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, qui doit se réunir "courant décembre" pour prendre son arrêt et décider ou non de suivre les réquisitions du parquet général, a précisé Me Moser.

"J'ai confiance, je ne me fais aucun souci, il s'agit simplement d'appliquer le droit, j'ai d'ailleurs (...) déposé mercredi un mémoire allant dans le même sens (que le procureur général) auprès de la chambre d'instruction", a-t-il ajouté.

Selon le procureur général, "l'audience à huis clos pourrait se tenir avant les vacances de Noël et toutes les parties au dossier seront convoquées".

"On envisage même d'y entendre Mme Laroche ou son avocat, Me Gérard Welzer" pour leur permettre de développer leur demande de partie civile, a-t-il ajouté.

08 mai 2009

Le laboratoire lyonnais Biomnis (ex-Mérieux) a été désigné par la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon pour expertiser les scellés et en extraire les éventuelles empreintes génétiques. Les résultats ne seront pas attendus avant au moins deux mois.

C’est donc Marie-Hélène Cherpin, une scientifique d’excellente réputation, qui a été désignée pour cette mission de la dernière chance pour connaître la vérité tant souhaitée par Christine et Jean-Marie Villemin. Cette mission consiste à rechercher, extraire et « séquencer » les empreintes génétiques présentes sur les différents scellés : une seringue d’insuline et son emballage retrouvés près de la Vologne, des cordelettes qui se trouvaient autour du cou, des poignets et des chevilles de Grégory, des habits de l’enfant et de différentes enveloppes et lettres du corbeau.
L’expert devra comparer les empreintes génétiques présentes sur les scellés à l’ADN de l’enfant déterminé à partir de ceux de ses parents, puis avec le fichier national des empreintes génétiques, et ensuite aux empreintes génétiques de différentes personnes.
« Il me semble qu’on devrait y voir plus clair, peut-être à l’été ou à l’automne 2009. Les parents de Grégory suivent tout ce processus scientifique et judiciaire avec une grande attention et continueront à faire toutes les démarches utiles dans l’intérêt de la recherche de la vérité. Je les aiderai de mon mieux comme je le fais depuis bientôt 25 ans », soulignait hier M e Thierry Moser.



07 janvier 2009

Vingt-cinq ans après le meurtre du petit Grégory, en France, l’identité de son assassin pourrait jaillir des cordelettes qui ont servi à le noyer. Ses parents étaient à Lausanne, ce printemps, pour relancer l’enquête. Leur avocat, Thierry Moser, dévoile les détails de cette visite et ce qu’il espère des nouvelles expertises ADN sur le point d’être réalisées.

 
Un grand immeuble locatif en bordure du boulevard de l’Europe, non loin du cœur de Mulhouse: c’est là qu’est installée l’étude de Me Thierry Moser. Depuis un quart de siècle, cet avocat français spécialiste du droit pénal suit pas à pas le dossier d’une affaire criminelle qui n’en finit pas de hanter la justice et les médias du pays: l’assassinat du petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé dans la Vologne, une rivière des Vosges, le 16 octobre 1984, mains et jambes liées par des cordelettes.
Thierry Moser est depuis le début de cette tragédie l’avocat de Christine Villemin, maman de Grégory et épouse de Jean-Marie Villemin. Jamais ce meurtre n’a été élucidé, mais près de vingt-cinq ans après les faits, un espoir se fait jour: celui de voir cette année l’identité du meurtrier révélée par son ADN.
Le 3 décembre dernier, en effet, la cour de Dijon ordonnait la réouverture de l’enquête. Elle s’appuyait notamment sur le rapport délivré par un expert vaudois, le Pr Pierre Margot, directeur de l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne. Pour ce spécialiste, les récents progrès de la science dans le domaine génétique rendent aujourd’hui possibles de nouvelles investigations, donc de nouvelles découvertes, dans la résolution de ce crime.
Au tournant de 2009, Me Thierry Moser confie à L’illustré les cir-constances dans lesquelles il a rencontré le Pr Margot à Lausanne et les espoirs qu’il nourrit de voir les pièces à conviction, et en particulier les cordelettes, livrer enfin le nom du criminel.
 
Maître Moser, c’est vous qui avez pris l’initiative de consulter l’Ecole des sciences criminelles de l’Université de Lausanne. Pourquoi elle, en particulier?
Parce que c’est l’un des laboratoires les plus performants d’Europe. Pour l’avoir rencontré dans une autre affaire, je connais aussi les compétences du Pr Margot. Un homme qui m’impressionne beaucoup. Il est intelligent, savant, brillant et en même temps simple et gentil. Quand je suis allé le trouver au printemps 2008 avec les parents de Grégory…
 
Car les époux Villemin étaient aussi là?
Oui, nous nous sommes rendus tous les trois à Lausanne. Avec Pierre Margot, un climat de sympathie s’est tout de suite installé. Nous avons passé la journée ensemble, déjeuné dans un petit restaurant proche de l’institut et analysé le dossier. M. Margot nous a ensuite demandé très gentiment si nous voulions visiter les installations. Nous l’avons fait et c’était captivant. Ensuite, il a pris deux ou trois mois pour faire son rapport.

 
Grâce à quoi de nouvelles analyses ADN vont être conduites sur les «scellés». Quels objets vont ainsi être expertisés?
Il y a les cordelettes avec les nœuds, c’est très important. Il y a les vêtements de l’enfant. Une seringue et son emballage, trouvés à l’époque sur les bords de la Vologne. Enfin, les lettres et les enveloppes envoyées par le «corbeau», l’inconnu qui a revendiqué ce crime de façon anonyme.

 
La salive relevée sur ces lettres a déjà fait l’objet d’une expertise ADN il y a quelques années. Sans résultats…
Oui, mais c’était en 2000. A l’époque, nous avions uniquement examiné un demi-timbre, autrement dit pas grand-chose. L’ADN recueilli n’était effectivement pas exploitable et le dossier a été refermé en 2001. Cette fois, il s’agira d’étudier des scellés beaucoup plus nombreux et plus variés. Les perspectives d’avancées sont ainsi bien plus fortes.
 
Vous dites que l’examen des cordelettes est très important. Pour quelle raison?
Parce que ces nœuds sont intacts. Ils n’ont pas été ouverts. Les autres scellés ont été touchés par différentes personnes à l’époque, nous savons donc qu’à cause de cela les résultats des expertises sont aléatoires. Mais les nœuds des cordelettes, eux, n’ont jamais été manipulés. Il se pourrait ainsi qu’on y trouve l’ADN de la personne qui les a confectionnés.
 
Ce que vous a confirmé le Pr Margot?
Effectivement. S’agissant de ces nœuds, il explique dans son rapport qu’on peut avoir l’espoir d’arriver à du concret. Vous voyez que je reste très prudent dans ma formulation…
 
En cas de succès, sur quoi ces nouvelles expertises pourraient-elles déboucher?
Sur la vérité, tout simplement! En 1993, nous avons obtenu une décision de la cour de Dijon qui disait deux choses. Un: que Christine Villemin est aussi innocente que vous et moi. C’était capital. Souvenez-vous que, en 1985, elle a été soupçonnée elle-même d’être l’auteur du crime. Deux: cette même cour de Dijon, en février 1993, estime qu’il existe des indices très précis donnant à penser que l’auteur de cet enlèvement n’est autre que Bernard Laroche.
(Ndlr: Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, a lui aussi été suspecté de ce crime, arrêté puis libéré en février 1985. Le mois suivant, il était abattu d’un coup de fusil par Jean-Marie Villemin, convaincu de sa culpabilité.)

 
Si l’expertise révèle cette année que le coupable était bien Bernard Laroche, peut-on dire que cela soulagerait vivement les parents de Grégory? La preuve serait apportée que Jean-Marie a abattu le vrai coupable…
Disons que les époux Villemin se battent depuis vingt-quatre ans pour savoir la vérité. Ils estiment qu’ils ont un devoir de mémoire vis-à-vis de Grégory et des trois enfants qui sont nés depuis lors. Face à eux-mêmes, c’est un devoir sacré de se battre pour cette vérité.
 
Que deviennent-ils aujourd’hui? On a pu lire qu’ils ont changé de nom.
C’est faux! Ils vivent en région parisienne, sous leur vrai nom, mais à l’écart des médias. Je comprends leur prudence, ils ont assez souffert d’une certaine presse, qui a joué un rôle nauséabond. Christine est mère au foyer, Jean-Marie cadre dans une maison commerciale. Ils vivent heureux avec leurs trois enfants. Je les vois plusieurs fois par année, on s’écrit beaucoup, on se téléphone. Je ne suis pas seulement leur avocat, je suis devenu leur ami.
 
Comment ont-ils fait pour tenir le coup face à la pression et aux tragédies qui se sont succédé depuis un quart de siècle?
Ce sont des gens d’une immense qualité morale. Deux époux très attachés l’un à l’autre. Quand je les vois, ils se comportent même comme un petit couple d’amoureux qui se connaîtrait depuis peu de temps. Ce sont des gens droits, honnêtes, profondément attachants. J’ai beaucoup d’affection pour eux.
 
Voilà près de vingt-cinq ans que vous êtes leur avocat. Que représente ce dossier? Il vous hante? Vous poursuit? Vous pèse?
Il me passionne. Sur le plan factuel, il est extraordinaire. Nous avons été confrontés à des problèmes juridiques et judiciaires tout à fait exceptionnels, inattendus. Dans ma vie d’avocat, ça a été quelque chose de lourd à porter, de difficile, mais d’exaltant.

 
Et en même temps de frustrant? Le coupable n’a jamais été confondu.
Un peu frustrant, oui… Sauf que j’espère combler cette frustration avec l’aboutissement des démarches qui viennent de commencer. Les expertises vont maintenant être effectuées par un ou des spécialistes français. J’espère obtenir les premiers résultats scientifiques avant l’été prochain.

Merci à Yves Lassueur de "L'illustré"

04 Janvier 2009

L'avocat de Marie-Ange Laroche, la veuve de Bernard Laroche, un temps suspecté de l'assassinat de Grégory, souhaite que la justice lance de nouvelles expertises. Il vient de saisir le procureur de Dijon.

L'avocat de Marie-Ange Laroche, Gérard Welzer, a, hier, saisi le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney et la Garde des Sceaux, Rachida Dati, d'une demande de réouverture complète du dossier Grégory.

Gérard Welzer demande, dans ce courrier, que des réquisitions soient prises par la justice afin d'ordonner de nouvelles expertises sur les enregistrements de la voix du corbeau; des enregistrements réalisés, à l'époque, par Jean-Marie Villemin.

"Des laboratoires sont désormais capables d'identifier avec précision à qui appartient une voix", plaide l'avocat de la veuve de Bernard Laroche. "Ce qui n'était pas possible il y a vingt ans l'est désormais. Si la justice ordonne de nouvelles investigations sur des éventuelles traces d'ADN, il faut, aussi, qu'elle utilise les avancées de la science pour identifier le corbeau", conclut-il.


12 décembre 2008

Scène de crime

«Sur une scène de crime, il n’y a pas d’indice mineur ou majeur. Alors, la priorité est de la “geler” en établissant un périmètre sécurisé», explique le colonel Hébrard, patron de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. «En extérieur, le lieu de commission des faits est d’autant plus fragile que la zone à délimiter est importante. Et sur une affaire de ce type, on peut concevoir un périmètre d’investigation protégé de 150 mètres. Il faut absolument éviter les nombreux risques de modification ou de destruction des indices, comme un piétinement d’herbes couchées pouvant indiquer le chemin emprunté par l’éventuel assassin.» Afin d’exécuter au plus vite les relevés, un plateau technique serait installé sous une tente à proximité de la scène de crime. Dès 21h15, heure à laquelle les pompiers ont repêché le corps de Grégory, la berge aurait été éclairée par des «lumiballons». Mais en octobre dans les Vosges, les nuits sont humides. L’urgence : protéger, sous des boîtes étanches, les traces les plus sensibles, susceptibles d’être endommagées par l’hygrométrie ambiante, ou polluées par des particules transportées par le vent. Parallèlement, aujourd’hui, la maréchaussée circonscrirait largement, avec des cordons, les alentours du tas de graviers devant le pavillon des Villemin, où le petit Grégory, la dernière fois qu’il a été vu avant sa disparition, était en train de jouer. Dans l’espoir de trouver des éléments incriminants comme des fibres ou des marques de semelles laissées par le kidnappeur...

Avec leur accoutrement d’une blancheur immaculée, les techniciens habilités à passer au peigne fin les scènes de crime ont hérité du sobriquet de «lapins blancs». Combinaison, masque, chaussons, charlotte ou capuche, gants : tous les éléments de la tenue obligatoire sont stériles afin d’éviter de brouiller les pistes ADN. Les experts de la «forensic» (médecine légale) ne se déplacent jamais sans leur mallette magique : un kit de prélèvements standard, avec sacs, fioles, étuis, pinces, poudre et un pulvérisateur de Bluestar, réactif qui révèle, dans un bleu turquoise, les traces de sang lavé.

La piste au bout d'un grain de sable :

Dans l’affaire Grégory, la super-lampe CrimeScope aurait peut-être permis aux enquêteurs de trouver des indices sur les surfaces qui n’ont pas été exploitées, faute de connaissances scientifiques. Ce puissant générateur de lumière blanche, associé à une fibre optique, permet de détecter des traces invisibles à l’œil nu sur un sol ou un revêtement d’ameublement : particules biologiques ou corporelles, fibres ou minuscules poils. La voiture de certains proches, dont Bernard Laroche, par exemple, aurait pu y être soumise pour déterminer la présence ou non d’éléments correspondant à l’ADN de Grégory. Les techniciens auraient aussi recueilli un échantillon du gravier avec lequel Grégory jouait, devant la maison familiale, pour comparer ensuite sa composition géologique à de possibles prélèvements de terre sous des semelles de chaussures de suspects ou dans le véhicule d’un proche de la famille. A l’époque, la fonction de «coordinateur des opérations criminalistiques» n’existait pas dans les équipes de gendarmerie. C’est un «super-superviseur» au chevet de tous les indices susceptibles d’aider les enquêteurs, depuis la traque jusqu’à l’exploitation des prélèvements.

Eau destructrice :

L’ADN, matière vivante, a deux principaux ennemis : la lumière et surtout l’eau. Les remous de la Vologne ont agi telle une lessiveuse sur les vêtements portés par le petit Grégory, et les cellules d’ADN, éventuellement déposées par l’assassin, ont souffert. Dans cette affaire, le temps d’immersion n’a pas pu entraîner de modifications moléculaires irrémédiables. Entre 17h30, heure à laquelle un témoin a vu flotter le corps de Grégory, qu’il a confondu avec un sac-poubelle, et 21h15, heure où son cadavre a été repêché, le corps est resté immergé au maximum quatre heures, un temps scientifiquement assez court. Mais après blessures par trempage, il est indispensable de «cocooner» les cellules d’ADN au séchage. Le risque d’une attaque par la moisissure peut être fatal. «Les enzymes de la moisissure sont des protéines que nous utilisons en biologie moléculaire pour couper un fragment d’ADN, explique Hélène Pfitzinger, experte nationale en identification d’empreintes génétiques. Alors, imaginez le pouvoir destructeur qu’elles peuvent avoir !» La préservation d’éventuelles traces d’ADN obéit à des règles validées pour être exploitables. «Les techniciens de scènes de crime travaillent selon un protocole strict de protection biologique des scellés», précise le capitaine Brard, chef du service central d’analyses génétiques de la gendarmerie nationale à Rosny. «Plus question, donc, aujourd’hui, d’enfermer sous scellés plastiques une pièce à conviction mouillée avant sa remise au laboratoire d’analyse.» «Si deux profils génétiques sont superposés, le résultat est interprétable mais possible ; avec trois, cela devient difficile. A partir de quatre, ce serait du charlatanisme que d’affirmer l’identification fiable», avance Laurent Penne, responsable de la section «empreintes génétiques appliquées aux traces» du laboratoire de police scientifique d’Ecully, qui traite 20 000 traces par an, soit environ 500 affaires. «Donc, reprend-il, plus la surface où l’on peut localiser des traces est réduite, plus il y a de chances que des profils différents soient superposés.» Les chances de réussir sont minces, mais existent. Plusieurs conditions doivent être réunies pour espérer isoler un profil génétique, dont la conservation des scellés.




Photo Sandra H. Vilasi

Meilleur analyse : le bonnet

L’ADN se conserve mieux sur des supports poreux, comme du tissu ou de la cellulose, que sur des supports lisses, comme le métal ou le verre. S’il avait dû miser, à l’époque, sur une pièce à conviction, Laurent Penne aurait choisi le bonnet de Grégory : «Pour l’enfoncer jusqu’au cou de l’enfant, l’assassin, en supposant bien sûr qu’il ne portait pas de gants, a forcément dû le tirer vers le bas, donc l’agripper avec plusieurs doigts au niveau du rebord. Il n’aura pas laissé un simple ADN de contact difficile à mettre en évidence, mais un ADN de frottement, par la prise d’agrippement de chaque côté du bonnet. Le geste d’enfilage du bonnet par sa mère, son père ou sa nourrice est forcément moins violent, donc moins appuyé.»

Les lettres du corbeau :

«Madame Irma», c’est le surnom du puissant spectromètre à infrarouges du laboratoire de police technique et scientifique d’Ecully, le plus important de France. Les experts du département de physique et chimie l’ont baptisé ainsi parce que la machine est censée lire à travers des écailles de 5 microns comme dans une boule de cristal. Dans sa mémoire sont répertoriés tous les composants d’adhésifs, colles, fibres, huiles, peintures, plastiques et, bien sûr, papiers et encres... On lui soumet un échantillon et «Madame Irma» compare sa composition avec celles qu’elle a en bibliothèque. En l’espèce, les fibres du papier à lettres et des enveloppes utilisées, ainsi que la formule chimique de l’encre du (ou des) stylo(s) du corbeau. Il reste ensuite à comparer les résultats des échantillons étudiés au papier d’un bloc-notes ou aux encres de stylos saisis en perquisition.

Paris-Match

07 décembre 2008

Extrait du site officiel

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a en effet accepté la demande des parents de l'enfant, qui espèrent bénéficier des progrès de la génétique, a-t-on appris auprès du parquet général. Le président de la chambre de l'instruction, Jean-François Pontonnier, mènera l'enquête.
Sont ordonnées à Dijon des recherches d'empreintes génétiques sur les scellés, les vêtements et les liens retrouvés sur le corps de l'enfant, une seringue découverte à proximité et sur quatre enveloppes de courriers anonymes adressés à la famille avant et après le crime et attribués à l'assassin. Les lettres du 24 avril 1983, du 17 mai 1983, du 16 octobre 1984, puis du 24 juillet 1985. 

“Les Laroche ne sont pas partie civile”
Me Chastant-Morand témoigne de la joie des époux Villemin, qui se sont investis considérablement dans la réouverture du dossier : « Ils sont allés solliciter l’avis du Pr Margot, à Lausanne, en 2007, qui leur a donné un espoir raisonnable. » La démarche de Marie-Ange Laroche ne surprend pas l’avocate parisienne, mais elle précise que la veuve de Bernard Laroche « n’est pas partie civile dans le dossier de Grégory ».

Par ailleurs, je rappelle qu’il y a eu des expertises des cassettes du corbeau, dont les conditions d’enregistrement datent de 1984, et qu’aujourd’hui on ne pourrait plus en tirer des résultats probants. C’est en tout cas l’avis des spécialistes. Pourquoi refaire des expertises qui ont déjà été faites et qui sont très aléatoires ? L’ADN, c’est différent : c’est un élément nouveau sur lequel on n’a pas travaillé. D’où notre espoir… »

Quant à l'enregistrement de la voix du corbeau et des expertises graphologiques, le premier supplément d'information avait déjà été très loin, sans résultats.

Il faut ajouter au témoignage de Me Chastant-Morand, qu’il n’y a pas d’enregistrement de l’appel  revendiquant le crime qu’aurait reçu Michel Villemin (oncle de la victime). Donc il n’y a aucune certitude qu’il s’agissait de la même voix que celle reçu sur les appels anonymes entre les années 1981 et 1984.

Cette expertise des cassettes n’étant pas une science nouvelle, il n’était pas possible d‘en faire état en tant qu’élément nouveau dans la requête de réouverture de la procédure.

04 décembre 2008

La veuve Laroche veut une "réouverture totale" de l'enquête




A peine la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon rendue publique, l'avocat de Marie-Ange Laroche, la veuve de Bernard Laroche, a demandé une "réouverture totale" de l'enquête sur le meurtre du petit Grégory, incluant également l'examen des  cassettes du 'corbeau'. Ecouter la voix du corbeau. "Ma cliente demande notamment que soit examinées les cassettes du corbeau pour déterminer s'il s'agit de la voix d'un homme ou pas d'un homme", a déclaré  Me Welzer. "La justice doit chercher la vérité sur tout et pour qu'elle aboutisse, il faut qu'elle s'en donne les moyens", a ajouté l'avocat.

 

En juillet dernier, le parquet général avait saisi les hauts magistrats après avoir pris connaissance du rapport d'expertise privé qui, rédigé par l'Institut de police scientifique de Lausanne, préconisait la conduite de nouvelles analyses ADN sur les vieux scellés. Le parquet avait requis la réouverture de l'enquête «compte tenu des progrès de la science».

La chambre d'instruction de la cour d'appel a également désigné un magistrat instructeur en la personne de son président, Jean-François Pontonnier. Ce dernier «devra désigner le ou les experts et le laboratoire en charge d'effectuer ces investigations», a de son côté expliqué Me Thierry Moser, autre avocat des parents Villemin. Selon lui, «un bilan scientifique de ces investigations peut être espéré en mai ou juin 2009». Cette réouverture suscite «beaucoup d'espoirs» pour les Villemin, «qui mènent depuis près d'un quart de siècle un combat inlassable et admirable pour la recherche de la vérité et pour la justice», ont déclaré leur avocats.


*********************

AFP - Le 27 0ctobre 2008

 

 

 
"Il s'agit du énième épisode médiatico-judiciaire de cette affaire et l'on  va probablement montrer des images d'archives de Bernard Laroche menotté et  entre deux gendarmes. Or Bernard Laroche a été innocenté, libéré puis  assassiné (ndlr : par son cousin et père de Grégory, Jean-Marie Villemin)", a rappelé Me Welzer. "Ma cliente demande à être partie de la procédure qui vient d'être ouverte",  a encore dit l'avocat en ajoutant qu'il ferait ces demandes dans un courrier qu'il doit adresser mercredi au procureur général de la cour d'appel de Dijon et  au magistrat instructeur devant être nommé dans le dossier.
 
"Marie-Ange Laroche n'a rien à craindre d'une réouverture de l'enquête et  elle souhaite qu'elle aboutisse. Ma cliente ne s'exprimera pas, elle ne veut voir personne car elle est encore meurtrie par l'assassinat de son mari par Jean-Marie Villemin", a-t-il dit.


03 décembre 2008

La cour d'appel de Dijon a décidé de rouvrir l'information judiciaire sur le meurtre en octobre 1984 de Grégory Villemin afin de conduire des analyses ADN sur d'anciens scellés.


 
24 ans après le meurtre, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon a ordonné mercredi la réouverture de l'enquête dans l'affaire du petit Grégory Villemin, dont le corps a été retrouvé le 16 octobre 1984 dans la Vologne, une rivière des Vosges. La cour d'appel a décidé «d'ordonner un supplément d'information pour procéder à l'expertise des scellés en vue de rechercher et de trouver des traces d'ADN, voire de micro ADN», a ainsi déclaré à la presse Me Marie-Christine Chastant-Morand, avocate de Christine et Jean-Marie Villemin. Les parents du petit Grégory souhaitent que les enquêteurs recherchent des traces ADN, notamment sur la cordelette qui a servi à ligoter l'enfant, âgé de 4 ans à l'époque, compte tenu «des progrès de la science dans le domaine de la génétique».




Le temps a un allié...la Mémoire...! (Merci à Sandra H. Vilasi pour la photo)

L'auteur d'un livre sur l'affaire Grégory condamné pour avoir diffamé J-M Villemin

Paul Prompt, qui en février 2007 a publié aux éditions Elise "L'affaire Grégory, la justice a-t-elle dit son dernier mot?", a été condamné lundi par le TGI de Paris pour diffamation à verser 5.500 euros à Jean-Marie Villemin.
Les éditions Elise et M. Prompt ont été condamnés par la 17e chambre civile à payer solidairement à M. Villemin 3.000 euros de dommages et intérêts et 2.500 euros de frais de justice. Les époux Villemin réclamaient un total de 150.000 euros. Christine Villemin a été déboutée de toutes ses demandes.
 
A titre de réparation, l'éditeur devra insérer, dans toute nouvelle édition de l'ouvrage, un communiqué judiciaire informant le lecteur de la décision.

Les éditions Elise et Me. Prompt ont  décidés de faire appel de cette décision.

Décision de la Chambre d'Accusation de la cour d'appel de Dijon du 22 octobre 2008.

********************

DIJON (AFP)

"Saisi par une demande de Mes Thierry Moser et Marie-Christine Chastant, avocats des époux Villemin, j'ai décidé ce jour (mercredi) de requérir la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat de leur fils Grégory", a affirmé Jean-Marie Beney.

Selon le procureur général, "ces réquisitions de réouverture ont été prises après avoir recueilli au printemps dernier l'avis d'un expert agréé par la Cour de cassation".

Cet expert devait "étudier la possibilité de procéder à de nouveaux examens techniques susceptibles de permettre la révélation de traces ou d'éléments d'ADN" sur un certain nombre de scellés constitués en 1984, au départ de la procédure, a ajouté M. Beney.

C'est maintenant à la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon de suivre ou non les réquisitions du Parquet général et de se prononcer sur la réouverture ou non de ce dossier qui, depuis 1984, a déjà donné lieu à de nombreux rebondissements judiciaires.

La chambre d'instruction devrait se réunir à l'automne prochain, selon le procureur général.

Le corps du petit Grégory Villemin (4 ans) avait été retrouvé dans la rivière la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.

AFP du mercredi 09 juillet 2008 - 13:00

Me Welzer : «Si le dossier est rouvert, tout doit être mis en ?uvre pour qu'on aboutisse.»

Me Gérard Welzer, l'avocat de la famille de Bernard Laroche, se dit partagé entre la soif de vérité et la crainte de nouvelles polémiques. Mais il pourrait à son tour réclamer des expertises.

LE FIGARO. - Vous défendez Marie-Ange Laroche et Muriel Bolle. Comment réagissez-vous à la volonté du parquet général de Dijon de rouvrir le dossier ?
Me Gérard WELZER. - Tout ce qui peut amener à la vérité est bienvenu. Mener de nouvelles expertises est une bonne chose. Le parquet général suit l'affaire de façon rigoureuse. Mais, si l'instruction judiciaire devait reprendre, il n'est pas impossible que nous demandions, à notre tour, de nouvelles expertises. Comme par exemple sur les cassettes audio du corbeau… Elles ont déjà été expertisées, sans succès. Mais, dans ce domaine aussi, la technologie a évolué depuis vingt ans. Et de nouveaux procédés d'identification de la voix pourraient être utiles à la manifestation de la vérité. Il nous appartient d'élargir les pistes.

Estimez-vous que ces nouvelles expertises comportent le risque de rouvrir les plaies et de faire renaître les polémiques et un certain déchaînement de passions ?
La famille de Bernard Laroche est partagée entre deux sentiments : d'une part, le deuil de Bernard Laroche, qui a été ac­cusé à tort puis assassiné (le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, a abattu Bernard Laroche, NDLR), et d'autre part, la volonté d'aboutir à la vérité. Si le dossier est rouvert, tout doit être mis en œuvre pour que l'on aboutisse. Si l'expertise génétique a pour seul effet de troubler la quiétude des familles, ce sera un terrible échec pour tout le monde.

L'éventualité de cette nouvelle expertise est-elle redoutée ?
Elle n'a aucune raison de l'être. Bernard Laroche a été innocenté. Ma prudence n'est pas une méfiance. Mais il convient de ne céder à aucune agitation. Il faut garder à l'esprit que dans cette affaire, depuis 1984, on est allé de dérapage en dérapage. J'ai le souvenir qu'entre 1984 et 1993 les journaux titraient quasiment toutes les semaines que l'on entrait dans une semaine décisive pour l'enquête et que la vérité allait surgir. À ce jour, elle reste inconnue.

Le Figaro



Le procureur général de Dijon a pris une décision courageuse. Pas étonnant. Jean-Marie Beney est un magistrat opiniâtre à la carrière exceptionnelle.

Si la chambre de l’instruction suit ses réquisitions, le mystère de la mort de Grégory sera peut-être élucidé. Parmi les scellés conservés à la cour d’appel de Dijon, divers objets demeureraient exploitables, notamment la corde qui a lié l’enfant jeté dans la Vologne. Il n’est pas resté assez longtemps dans l’eau pour qu’elles soient dégradées. S’il ne portait pas de gants, son assassin aura laissé des traces en la nouant. Trois enveloppes utilisées par le corbeau seraient aussi soumises à expertises.

Enfin, le laboratoire se pencherait sur la seringue trouvée près de la rivière, même si celle-ci a été fort manipulée lors d’analyses en 1990. Requérir la réouverture d’un dossier si sensible sur des bases aléatoires relève d’une longue réflexion et d’une étude approfondie de la procédure ouverte en 1984, comme le confirme M. Beney. Mais depuis le début de sa carrière à Reims en juillet 1982, le magistrat s’est toujours mis au service de la vérité. Elle seule compte pour lui.

L’homme n’a pas 50 ans mais son curriculum vitae le prédisposerait déjà à une retraite méritée. Originaire de Dijon, étudiant à Nancy, il débute à l’instruction. Le jeune juge est vite repéré par l’administration centrale. Il est nommé chef de cabinet du directeur des affaires criminelles et des grâces.

En 1986, retour sur le terrain, premier substitut du procureur à Pontoise. Un détour par la cour d’appel d’Orléans, de Versailles, et le voici premier substitut du procureur à Nanterre. Devenu avocat général à Rouen, Jean-Marie Beney est promu procureur adjoint à Paris. C’est déjà une belle consécration de ses qualités. Le garde des Sceaux Pascal Clément le remarque, en fait son directeur de cabinet.

Et le 21 mai 2007, il accède à la fonction très convoitée de procureur général, dans sa ville natale. Enfin, last but not least, M. Beney est trois fois chevalier, dans les ordres de la Légion d’honneur, du Mérite, et des Palmes académiques.
 

Dans un entretien accordé à France-Soir, le procureur général Beney confie qu’il a reçu deux fois les époux Villemin. Il explique pourquoi et comment il a repris le dossier.

FRANCE-SOIR. Vous rendez aujourd’hui espoir à des parents meurtris et éprouvés par la justice. Avez-vous hésité à prendre votre décision ?
JEAN-MARIE BENEY. Disons plutôt que je me suis donné du temps. Lorsque Mes Thierry Moser et Marie-Christine Chastant, les avocats des époux Villemin, m’ont saisi de la requête de leurs clients en août 2007, j’ai indiqué que je voulais d’abord travailler. Etant le seul magistrat habilité à rouvrir le dossier, j’avais une responsabilité considérable, d’autant que l’Etat a été condamné dans cette affaire (NDLR :pour « fautes lourdes » et dysfonctionnements de la justice en 2004). Il fallait aborder les choses avec une grande prudence professionnelle et prendre en considération la dimension humaine pour ne pas rouvrir inconsidérément des plaies et un débat toujours vif.

Vous ne connaissiez pas le dossier Grégory. Comment avez-vous travaillé ?
J’avais une sensibilité particulière à l’affaire, parce que ma mère est Vosgienne et que les faits se sont déroulés non loin de mon port d’attache. Comme tous les Français, je m’y suis intéressé. Quand les Villemin m’ont saisi, j’ai compris que leur combat était fondamental, pour ne pas dire vital. Si, on peut le dire : vital. A partir d’août 2007, je me suis plongé dans le dossier, que nous avons numérisé. J’ai tout lu. L’arrêt de non-lieu rendu par le juge Martin, après l’instruction du juge Simon, m’a beaucoup aidé (NDLR :Mme Villemin a bénéficié d’un non-lieu pour « absence de charges » en 1993. Ce document prouve sans contestation possible qu’elle a été injustement soupçonnée).

Avez-vous rencontré Christine et Jean-Marie Villemin ?
Oui, à deux reprises. Je les ai reçus avec leurs conseils. Je souhaitais les voir. Et j’en avais le droit car j’étais le seul magistrat saisi. Je ne reçois pas les familles des disparues de Saône-et-Loire, pour ne citer que cet exemple, car l’instruction est en cours. Je ne peux pas me substituer au juge chargé de l’enquête.
Qu’avez-vous ressenti, face à ce couple qui espère la vérité depuis vingt-quatre ans ?
J’ai été très impressionné par la solidité des Villemin. Ce sont des gens très ébranlés qui, malgré ce qu’ils ont subi, gardent confiance en la justice.

Ce sont eux qui ont vous ont convaincu ?
Non. Je le répète : j’ai travaillé. Par ailleurs, j’ai demandé au professeur Moisan (*) s’il était possible d’exploiter de vieux scellés, même si je sais qu’aujourd’hui on peut conduire des recherches historiques grâce à quelques cellules d’ADN. Il est venu à Dijon et m’a rendu par la suite ses conclusions.

C’est à la chambre de l’instruction de décider si le dossier peut être rouvert. Y a-t-il un risque qu’elle ne vous suive pas ?
Je ne peux pas répondre. Je développerai mes réquisitions à l’audience et l’arrêt dira si j’ai convaincu les magistrats qui statueront.

Avez-vous consulté la chancellerie avant de vous décider ?
Non. J’ai simplement prévenu la direction des affaires criminelles, comme il se doit en pareille circonstance.

(*)Jean-Paul Moisan, expert national en génétique moléculaire, préside l’Institut génétique Nantes Atlantique (IGNA).

France-Soir

****

L'espoir de savoir un jour qui a tué le petit Grégory Villemin en 1984 renaît. Selon nos informations, le parquet général de Dijon (Côte-dOr) a pris des réquisitions ce matin en faveur de la réouverture de ce dossier qui avait été clôturé en avril 2001. Officiellement saisie, c'est désormais à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon de se prononcer.

Cette décision fait suite à une demande formulée à l'été 2007 par Jean-Marie et Christine Villemin, parents du garçon de 4 ans retrouvé noyé pieds et poings liés dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Les époux Villemin motivaient leur requête sur les progrès des techniques en matière de recherches d'ADN. Un expert national a alors été désigné pour savoir s'il était envisageable de retrouver des traces génétiques sur les scellés constitués au début de cette affaire criminelle. Le scientifique a répondu que de telles investigations étaient faisables.

Conforté par cet avis, le parquet général de Dijon a donc estimé que cette possibilité offerte par la science constituait un nouvel élément utile à la manifestation de la vérité. Officiellement saisie, c'est désormais à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon de se prononcer. Elle peut décider de rouvrir ou non ce dossier qui reste l'un des plus grandes énigmes criminelles de l'histoire.

- Le Parisien du 9 juillet 2008 -


Affaire Grégory : les progrès des expertises génétiques pourraient résoudre l'énigme

******************************************************

Décision de la Chambre d'Accusation de la cour d'appel de Dijon du 22 octobre 2008.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon dira le 3 décembre si elle décide de rouvrir l'enquête sur l'assassinat en 1984 du petit Grégory Villemin à la demande des parents de l'enfant, apprend-on auprès du parquet.

Les magistrats ont mis leur décision en délibéré, mercredi matin, à l'issue d'une brève audience au cours de laquelle les avocats de Christine et Jean-Marie Villemin ont estimé que les techniques scientifiques actuelles pourraient permettre d'identifier des traces d'ADN et donc l'empreinte génétique de l'assassin sur certains scellés.

Jean-Marie Beney

Jean-Marie Beney


Le parquet a prononcé des réquisitions allant dans le même sens.
"Nous avons repris nos réquisitions du 9 juillet en disant que les progrès de la science permettaient d'envisager la recherche d'ADN sur un certain nombre de scellés et que ces recherches nouvelles pouvaient constituer un élément nouveau permettant la réouverture de l'instruction", a dit à Reuters Jean-Marie Beney, procureur général de Dijon. Le parquet s'appuie sur l'avis d'un expert agréé auprès de la Cour de cassation qui a confirmé la "faisabilité" de l'expertise.

Les recherches pourraient porter sur certains scellés datant des débuts de l'enquête, notamment des vêtements ou des liens retrouvés sur l'enfant, une seringue et des courriers.

*****

Marie-Ange Laroche et Murielle Bolle ont demandé au tribunal de Nanterre de condamner France 3 pour diffamation. Les deux femmes accusent la chaîne d’avoir diffusé “L’Affaire Villemin”, (fin octobre 2006 en six épisodes de 52 minutes), qui aurait accrédité sa culpabilité.

Marie-Ange Laroche et Murielle Bolle avaient porté plainte en janvier 2007 contre la chaîne et le président de France Télévisions, Patrick de Carolis.

Tout le film vise à accréditer la thèse de la culpabilité de Bernard Laroche sans le dire. Pour le téléspectateur qui ne connaît pas le dossier, à la fin le coupable ‘c’est Laroche!+’”, selon Maître Gérard Welzer qui a réclamé 150.000 euros de dommages et intérêts pour Marie-Ange Laroche et 100.000 euros pour chacun de ses enfants.

L’avocate de Murielle Bolle, a réclamé pour sa part 300.000 euros de dommages et intérêts, et s’en est notamment prise “au jeu de l’actrice” incarnant sa cliente dans le téléfilm.Plaidant également pour Murielle Bolle, Maître Jean-Paul Teissonnière a dénoncé les lacunes du scénario au détriment de Bernard Laroche.

De son côté, l’avocate de France 3, Maître Nathalie Faussat, a estimé que les accusations relevaient “d’une analyse subjective d’un certain nombre de scènes”.Selon elle, la mini-série n’a eu pour but que de “montrer comment un dérapage médiatique a pu subvenir et comment la machine judiciaire s’est déréglée” au détriment de Christine Villemin, la mère de Grégory, qui fut inculpée de l’assassinat de son fils en 1985 et dut attendre 1993 pour obtenir un non-lieu.

Le téléfilm s’était largement inspiré du livre de Jean-Marie et Christine Villemin, “Le seize octobre” et de l’ouvrage de Laurence Lacour, qui avait couvert l’affaire pour Europe 1, “Le bûcher des innocents”. Ce livre, qui s’est penché sur l’attitude des médias durant l’affaire, a été qualifié de “partial” par les avocats de Mmes Laroche et Bolle, alors que l’avocate de France 3 l’a vu comme un “ouvrage de référence”.

Le jugement rendu le 27 mars 2007 a débouté Maie-Ange Laroche et Murielle Bolle. Le tribunal estime dans son jugement que le téléfilm ne défend aucune thèse. Les deux protagonistes sont condamnés à rembourser 10.000 euros de frais d'avocats à France 3.

Elles chercheront de l'argent ailleurs...!


Commentaires 


- Haut de page -

Afficher la suite de cette page



 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement