Karolina, 3 ans, martyrisée et battue à mort
(Reconstitution informatique)

Il est 16 heures 15 en ce 5 janvier 2004 quand au 3° étage de l’hôpital de Weissenhorn en Bavière, une visiteuse fait une terrible découverte dans les toilettes des dames. A même le sol gît une petite fille mourante, nue, simplement recouverte d’un morceau de tissu. Son crâne est rasé, son corps n’est qu’une plaie.
Les médecins et les infirmières s’activent autour de l’enfant. Tout est tenté pour contrer l’implacable faucheuse mais malheureusement l’état de la gamine est trop grave, elle meurt deux jours plus tard.

Rien n’aurait pu la sauver.
Les blessures de l’enfant sont tellement horribles que le personnel hospitalier pourtant aguerri aux situations difficiles doit bénéficier d’un soutien psychologique.
Mais qui est cette enfant abandonnée on ne sait comment et par qui dans le centre hospitalier ? La fillette semble avoir 3 ans. Mais à part cet âge approximatif on ne sait rien. La police tente d’identifier la victime en espérant ainsi retrouver ses parents Le rapport d’autopsie parvient aux policiers. Il révèle que l’enfant a été battue à mort. Son visage atrocement abîmé par les coups qui lui ont été assénés à l’aide de poings et d’un objet contondant. La gamine a été brûlée au moins 28 fois avec des cigarettes. Elle a des traces de coups de ceinturon dans le dos. Les blessures sont récentes. L’agonie a été lente. C’est l’éclatement d’une veine à l’intérieur du crâne qui a provoqué le décès.

Akul Mehmet
Trois jours plus tard, l’enquête semble marquer le pas. La police de Krumbach chargée de résoudre l’affaire décide de demander le concours d’une émission télévisée de la 2° chaîne allemande ZDF qui connaît un très gros succès en Allemagne. L’émission traite des affaires criminelles non élucidées et demande les témoignages de téléspectateurs. Ce soir là on diffuse une photographie retouchée à l’aide d’un ordinateur du visage de l’enfant. L’image est choquante…

Zeneta Bytomska (Copik)
Il a fallut un long travail aux informaticiens de la police pour redonner un visage « présentable » à la fillette. La police reçoit plus de 200 appels provenant de toute l’Allemagne. Cela permet aux enquêteurs d’avancer. En effet une dizaine de ces communications ont l’air fiables. Les enquêteurs, ont maintenant de bons espoirs de parvenir à identifier le corps de la petite victime et de là, à trouver ses tortionnaires. Voilà comment ils se mettent à la recherche des assassins de l’enfant qui s’appelle Karolina.
Les enquêteurs se lancent à la poursuite d’un couple qu’ils pensent être responsable de la mort de la petite fille. Ils finiront par les coincer, en Italie alors qu’ils se préparent à passer en Grèce. Les deux individus vont maintenant devoir rendre des comptes à la justice.

Zeneta Bytomska
Akul Mehmet, un turc de 27 ans, est un colosse de 100 kilos. Il est connu pour être un voyou de bas étage condamné plusieurs fois pour voies de faits, violence, vols et trafic de drogue. Il est décrit par les psychiatres comme un sadique et un psychopathe dangereux. Il fréquentait Zeneta Bytomska (Copik), la mère de Karolina depuis seulement un mois quand les faits se sont passés.

Peu à peu, la police reconstitue le drame. Il s’avère que durant les trois premières semaines de leur vie commune, le couple vit chez la mère de Zeneta. Puis, ils s’installent dans une maison du village.
Dès les premiers jours de leur installation, le couple se prend on ne sait pas pourquoi d’une haine féroce pour la petite fille. Mehmet invente des jeux qui l’amusent beaucoup. Il brûle le bout des doigts de la fillette avec un briquet ou avec des cigarettes. Il lui cogne la tête contre une table ou contre un lavabo.

Lorsque les deux bourreaux se sentent d’humeur caline, pour ne pas être dérangés, ils enferment l’enfant dans la cave ou dans une chambre froide avec une température au dessous de 0°. Lorsqu’elle daigne lui donner à manger et que Karolina traîne un peu, sa mère la frappe. Elle la douche avec de l’eau bouillante et s’étonne de ses hurlements. Alors, pour la faire taire, elle tape encore…
Le couple a mis au point une torture aussi originale que cruelle. Karolina doit se tenir debout sur un pied, la tête passée à travers la vitre cassée d’une fenêtre. Si l’enfant trébuche ou fatigue, c’est la coupure assurée. On lui arrache brutalement les cheveux, à tel point que la mère trouve plus simple de lui raser complètement le crâne.

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Ils voulaient crucifier l’enfant contre un mur…
L’un des projets de Mehmet ne s’est pas réalisé car l’enfant a vite périclité. Ce qu’il voulait, c’était crucifier l’enfant au mur…
Zeneta Bytomska (Copik) est une polonaise de 24 ans. Depuis de nombreuses années, elle vit en Allemagne en situation irrégulière. Lors de son interrogatoire, elle raconte qu’elle est complètement innocente de ce qu’on lui repproche. Akul l’a menacée avec un couteau et que c’est pour cette raison qu’elle l’a laissé torturer Karolina. Son système de défense, elle va le garder jusqu’à son premier procès en 2005. Lorsqu’elle rentre dans le bos des accusés, elle lui crie « sadique, assassin d’enfant »

Mais ces insultes tardives ne sont pas convaincantes car lorsque le président du tribunal lui demande pourquoi elle n’a pas essayé de sauver son enfant alors qu’elle en a eu plusieurs fois l’occasion, elle ne dit rien. Et pour cause…

Zeneta n’est pas une inconnue des services sociaux. Des plaintes du voisinage sur son comportement avec sa fille avaient été signalées à un organisme de protection de l’enfance et cela, bien avant sa rencontre avec son amant.
Une assistante sociale s’était plusieurs fois déplacée mais n’avait jamais pu rencontrer ni la mère, ni l’enfant. Sans doute trop occupée, elle n’avait pas continué son enquête.

Dans cette triste et douloureuse affaire, une déficience des services sociaux allemands est mise en cause.
Mais c’est vrai que lorsque les amants se sont enfuis en Italie, Zeneta aurait pu 10 fois , 100 fois s’échapper. Mais elle a toujours suivi son complice.
Evidemment qu’elle devait fuir Zeneta puisqu’on sait maintenant qu’elle a participé activement aux tortures de sa fille. Allant jusqu’à faire des plaisanteries sur les souffrances de la petite « batârde » comme l’appelait son amant. En fait, le turc voulait se débarrasser de Karolina parce qu’elle n’était pas de lui et épouser Zeneta en Turquie. C’est ce que l’on appelle faire table rase de son passé…

Comme l’a fait remarqué le président du tribunal, Zeneta est loin de l’image idyllique de la mère se sacrifiant pour son enfant, c’est tout le contraire. C’est elle qui a sacrifié son enfant pour rester avec Akul.

Au tribunal, elle minimise les faits. Elle fait des sourires à des gens dans la salle, pour elle la mort de Karolina, c’est presque un accident de la vie. Ce voyage au bout de l’horreur ne l’émeut pas. Ce qui l’intéresse c’est de pouvoir sortir de prison. Le reste c’est du passé. Les médecins légistes ont longuement décrit les souffrances de l’enfant au procès. L’un d’eux a même avoué qu’il serait plus facile d’énumérer les endroits du corps où il n’y a pas de meurtrissures. D’après les examens entrepris sur le corps de l’enfant, rien n’a été épargné à Karolina. Phrase terrible du légiste : « Cette enfant n’aurait jamais du venir au monde. Ce qu’elle a enduré est inhumain… »
Là les deux tortionnaires ne sont plus à la fête. Ils se crient leur haine et se rejettent mutuellement le meurtre de la gosse à la figure.

Lors du premier procès en 2005, les avocats de la défense avaient réussi à convaincre le jury de la déficience mentale des accusés. Lui éternel chômeur, elle se prostituant suivant ses besoins. Leurs parcours d’alcooliques et de drogués ont certainement joué pour obtenir une peine extrêmement basse. Ils n’avaient été condamnés qu’à 10 ans et 5 ans de détention. Un véritable scandale pour l’opinion publique mais aussi pour le tribunal qui avait cassé le jugement et demandé un nouveau procès.

Celui-ci a eu lieu en mai 2006. En appel, les choses se sont déroulées différemment. Les psychiatres ont fait un rapport détaillé de leurs observations. Pour Mehmet, être psychopathe et sadique ne veut pas dire fou bien au contraire cet homme est un calculateur. Pour la femme, les examens révèlent une personne complètement saine d’esprit mais tout simplement cruelle.

En lisant le verdict, le président du tribunal de Munich a déclaré que la cour n’avait jamais traité un crime aussi atroce.
Le couple a été condamné à la prison à vie, Mehmet s’est vu également infliger une période de sûreté de 15 ans en raison de faits aggravants.
La perpétuité réelle n’existe pas en Allemagne. Un jour ces gens sortiront. Quelle est la part de confiance que la société pourra lui accorder ? Ces gens sont indignes de vivre a crié le public dans la salle…

Plus jamais ça...!!
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