
Article du Chicago Daily News
juillet 1972
Les Jackson 5 déclenchent un tohu-bohue enfantin
Michael Jackson (des Jackson Five) ne me la fait pas une seule minute. Aucun enfant de 12 ans ne peut être aussi bon au chant, à la danse et au contrôle d'une foule. Michael est en fait un nain de 36 ans. Je le sais parce que je l'ai vu, lui et ses frères, lors de leur show de mardi soir à l'International Amphitheatre. Et quel spectacle ce fut. Après que le groupe Undisputed Truth (du fameux "Smiling Faces") eut fini sa partie, le vénérable E. Rodney Jones (de la radio WVON) fit le premier de ses nombreux appels au public, demandant à la foule, "S'il vous plaît, restez assis, ou le spectacle va s'arrêter. " Jones, de toute façon, ne pouvait pas atténuer l'ardeur électrique et une fois les lumières éteintes, les cris discontinus et le rush vers la scène commencèrent sérieusement.

Lorsque les J5 surgirent sur scène, dans des tenues blanches, la foule devint cinglée. Tant de hurlements remplirent l'amphithéâtre que je ne pouvais pas entendre ce qui était chanté. Immédiatement après le premier numéro, les lumières se rallumèrent et E. Rodney Jones fit une autre intervention. Il y eut de nombreux rires. Habituellement, lors des spectacles au public très jeune, il y a une relation inverse entre l'énergie cinétique générée par le public et la quantité de talent sur scène. Les enfants jeunes sont facilement amadoués, tombant la tête la première pour de la camelote habilement préparée, qui offre autant de calories qu'un petit déjeuner de céréales. Mais avec les Jackson Five, ce n'est pas la même chanson. Ils y vont de cette chorégraphie stylisée Motown, mais derrière leur indéniable meneur de showman, ils sont réellement un groupe excitant. Et ils savent comment capter l'audience. En plus des inévitables milliers de petites filles qui sautaient, bougeaient, et levaient les mains, de leurs fauteuils, Michael le Nain faisait de l'effet également aux mamans, ayant plus du double de son âge.

Ainsi, le spectacle des J5 était en fait deux vrais spectacles en un. Pendant que les cinq frères (Jackie, 21, Tito, 18, Jermaine, 16, Marlon 15 et Michael) dansaient sur des chansons comme “I Want You Back” “I’ll Be There” “Goin’ Back to Indiana” “Bridge Over Troubled Water” et “Lookin' Through the Windows", je prenais du plaisir à regarder le public. Pour moi, le point d'orgue vint lorsque Randy Jackson, 7 ans, rejoignit ses frères pour danser et jouer du conga. Sa présence déclencha une charge avec une vague de petites peronnes, et certaines d'entre elles étaient assez petites pour passer à travers les jambes. Mais alors que les frères sont beaux et généreux, Michael est le réel battement de coeur d'un public des J5. Ses frères peuvent l'appeler "gros nez", mais pour les fans, il est aussi beau que ne peut l'être la fantaisie. Il est aussi un meneur de dynamite et quand il danse, il sait se pavaner.

Vers la fin du spectacle, Michael chanta quatre des chansons qu'il a sorti indépendamment de ses frères. “Rockin’ Robin” est ma préférée, mais selon le "criomètre", son nouveau single "I Want To Be Where You Are" fut le plus gros hit de la soirée. Assez logiquement, la dernière chanson fut "Never Can Say Goodbye". Puis ce fut chaque homme, femme et enfant pour soi. Certains d'entre nous essayaient se faufiler dans la nuit, mais si nous ne bougions pas assez rapidement, nous étions piétinés par des petites personnes sur leur passage vers la porte de la scène pour apercevoir une dernier fois le plus grand groupe soul des ados. Mais la plupart des fans n'eurent pas cette chance. Cela prend exactement 30 secondes aux Jackson Five pour sortir de scène, passer la porte et entrer dans la limousine les attendant. C'est dut d'être une grande star. Les fans passionnés font très peur - en particulier pour un nain de 36 ans.
- Jack Hafferkamp
Apparement ce Jack Hafferkamp à un complexe d'infériorité...!!

Tout au long du concert, Jackie était au centre, flanqué de Marlon et Michael pour des danses de routine en continu, les trois danseurs eux-même flanqués d'un Tito à la guitare et d'un Jermaine à la basse (avec un batteur derrière et un organiste derrière sur la droite, tous deux cousins des J5). (Une remarque additionnelle - et les performers noirs ont toujours fortement tenu à l'importance de leur image, la gesture, la routine : les vêtements des Jackson 5 sont les objets hippy les plus fins que je n'ais jamais vus, tout en restant fidèle aux couleurs et aux textures de la mode black. Par exemple, les combinaisons très colorées composées de tissus indiens brodés sur une chartreuse portées par Marlon, ou la casquette rose flashy de Tito fringué d'une salopette. A la fois caractéristique d'une influence blanche sur le style musical noir, et la persistence de son essence totalement noire.)

A peine eurent-ils frappé l'audience avec ce coup visuel immédiat qu'ils entamèrent "Stand" de Sly Stone. A partir de ce moment, il n'y eut rien à jeter. Reprenant la formule habituelle, "I Want You Back" fut la deuxième chanson, "ABC" la troisième, l'ensemble du public chantant dans les aigus avec Michael. Deux des meilleurs singles jamais réalisés sonnaient même mieux étouffés de cris - Michael se pavanant, ceinturant la chanson avec son micro en main. Les surprises du concert, qui dura environ 50 minutes, furent une belle reprise de "Feeling Alright" avec les choeurs très harmonieux et dynamiques des "tweedle de de" à répétition; le solo de "Who's Lovin' You" : "Personne n'a le blues autant que moi", se vente Michael, entonnant ensuite la chanson de Smokey Robinson, avec plus d'assurance que sur le disque; Jermaine en leader sur "I Found That Girl" (la réponse à "Shop Around") et son soutien vocal fournit un contre-poids aux gémissements de Michael; et la fin dynamique qui emprunte l'intro de Isaac Hayes sur "Walk On By", puis une coupure avec un soudain "Stop!", qui débute leur propre hit, "The Love You Save".

Sur la dernière note, la scène se vida, les lumières de la salle s'allumèrent et les stars dans trois limousines (quelle couleur?) avant même que quelqu'un s'en aperçoive. Il y eut une ruée effrayante vers les coulisses - toute cette énergie devait bien aller quelque part -pour finir dans un gros brouhaha. Les Jackson 5 étaient déjà près à assurer deux shows de plus - identiques, à Detroit et Chicago (leurs performances sont supposées être conservées un minimum de fois, et aucune n'est prévue dans un futur proche), avant de retourner chez eux à Los Angeles et à l'école.
Oui, même les grands Phénomènes vont à l'école
Rolling Stone magazine

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L'année va être longue et fructueuse, mais même courte, la visite vaut le détour. Juste quelques points de repaires?
"The Love You Save" est sorti en single, le troisième donc des Jackson 5, et atteint bien sûr le numéro 1 dans les hit-parade
La chanson "ABC" aurait dû s'appeler 1-2-3, sur une idée original de Deke Richards...
La chanson 2-4-6-8 a été envoyée par la poste à la Motown par Pam Sawyer, ménagère Anglaise !
Elle est pleine de tristesse et notre Michael s'y révolte, "Je suis peut-être un petit gars, mais mon cœur est grand comme ça" (I may be a little fellow, but my heart is big)
"Don't I Know Why I Love You" est une reprise de la face B du single de Stevie Wonder "My Cherie Amour"
"Never Had A Dream Come True" est également une reprise de Stevie Wonder.
"I'll Bet You" est une reprise du groupe Funkadelic de George Clinton.
"I Found That Girl" est la face B du single "The Love You Save" et la partie vocale principale est confiée à Jermaine, plus mur que Michael.
Et "The Young Folks" est en face B du single ABC.
On ne sait pas si le fan-club de Gladys Knight afficha complet mais la Jacksonmania envahit l'Amérique, et déborda même sur la Grande Bretagne. Berry Gordy appela lui même ce genre de musique la bubble-gum music ! La preuve la plus éclatante de sa réussite, c'est qu'on le copie ! On voit partout des groupes de "Sous-Jackson 5" s'engouffrer dans cette nouvelle mode.

Un peu plus d'un mois seulement après la sortie de l'album "ABC", les Jackson 5 présentent alors leur véritable premier grand concert en tant qu'artistes Motown. Après un passage à Philadelphia et à San Francisco, ils sont à Los Angeles le 20 Juin 1970 devant pas moins de 18.000 spectateurs avec une recette de plus de 100.000$. Après que le titre ABC ait pris la place d'un titre des Beatles à la première place des charts, c'est autour de la folie sur scène qui semble se reporter sur les Jackson 5 puisque lors de ce tout premier concert de grande envergure, des jeunes filles envahissent la scène obligeant les J5 à interrompre le spectacle juste avant la fin et ce sur "The Love You Save".
- Retour -
Katherine, la mère des Jackson 5 raconte : Les Jackson Five étaient tellement extraordinaires sur scène que Motown ne pouvait attendre d'organiser des concerts pour les garçons. Ils ont effectivement commencé à tourner tout de suite après leur premier 45 tours et tout au long de l'année 1970. Lors de leur premier spectacle comme toute nouvelle star de Motown, ils ont joué dans des stades et des salles de concerts aussi grandes que des arènes.

Avec Janet et Latoya
Je les ai vus au Forum à Inglewood et je ne pouvais pas en croire mes yeux et mes oreilles. L'arène était bourrée d'environ 18.000 gamins hurlant, trépignant. Le spectacle a dû être interrompu quand des dizaines de filles se sont précipitées sur scène, obligeant les garçons à chercher un abri. Moi, j'étais terrifiée et je me disais : "Mais Marlon et Michael n'ont que treize et douze ans ! "


Programme de la tournée 1970
La presse rapporte alors non seulement les scènes d'hystérie mais aussi et surtout la qualité remarquable du groupe, insistant sur les précisions et la recherche de la chorégraphie.
Michael Jackson est déjà plébicité dans sa façon de danser "comme James Brown" mais également, et déjà, de part son approche à chanter des ballades et à maitriser totalement la scène. Lors d'un problème technique avec l'ampli relié à la basse de Jermaine, Michael prend alors les choses en main afin de faire oublier ce couac et s'adresse au public dans un aplomb sans faille en leur demandant "How you doing out there ?"
"The love you save" Les paroles sont ICI
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Les Jackson 5 sont donc en pleine réussite. "The Love You Save" est numéro 1 des charts et le voeu de Berry Gordy s'est accompli; souvenez-vous : "Votre premier disque sera numéro un, votre second disque sera numéro un et votre troisième disque aussi... Vous serez au top de tous les palmarès, comme Diana Ross et les Suprêmes l'ont été."

"The love you save" le collector 45 tours vinyl promo de couleur rouge édité en édition limité.
"The Love You Save", sorti le 13 Mai 1970 sera alors vendu à plus de 2 000 000 d'exemplaires et ce titre, comme "ABC" l'avait fait auparavant, détrona un titre des Beatles, il s'agissait alors de la chanson "The Long And Winding Road" que l'on peut traduire en Français comme "Un chemin long et sinueux". Les Jackson 5 sont en pleine réussite mais ils sont également en plein travail puisqu'ils enregistrent en cette année 1970 l'album "Third Album" mais aussi "The Jackson 5 Christmas Album" pour noël.

Dans leurs sessions d'enregistrement de cette année 1970 existe aussi "One Day I'll Mary You" et "I Ain't Gonna Eat My Heart Out Anymore" que l'on trouvera plus tard sur l'album Boogie en 1979 ainsi que le titre "Ask The Lonely" qui figurera plus tard sur une compilation de Motown intitulée "Motown Superstars Sing Motown Superstars".

"Motown Superstars Volume 12"
D'autres titres ont été également enregistrés comme "You Ain't Giving Me What I Want (so I'm taking it all back)" produit par Bobby Taylor et initialement intitulé "Your A, B, C's and D's". Ce titre a été enregistré le 8 Janvier 1970.

Ce même 8 Janvier débutait l'enregistrement de la chanson "We Can Have Fun" qui fut terminée le 11 février 1970. Le 12 février 1970 une chanson de Ray Charles est enregistrée, il s'agit de "A Fool For You". Le 7 Aout 1970, les Jackson 5 enregistre le titre "It's Your Thing". La plupart de ces titres figurent sur le coffret Soulsation.

"Even though your gone" Les paroles sont ICI
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La chanson "I'm So Happy" fut également enregistrée en 1970. Ce titre figurera en 1971 en face B du 45 tours Sugar Daddy exploité pour le tout premier Best-of des Jackson 5 qui s'intitulera "Greatest Hits Jackson 5".

Le 28 Aout 1970, un quatrième futur numéro 1 est alors mis sur le marché, lancé par l'étoile filante Jackson 5. Il s'agit du titre "I'll Be There" qui restera à jamais ce que Philippe Manoeuvre nommera plus tard comme l'hymne Jacksonien le plus total. Ce titre tout simplement prestigieux annonce alors la sortie de l'album "Third Album" le 8 Septembre 1970. Un album qui terminera 1er au hit-parade R&B et 4ème au hit Pop exactement comme l'album "ABC".
"Les pros nous ont dit qu'ils n'avaient jamais vu un groupe démarrer comme on l'a fait. Jamais! "I'll Be There" fut notre tube le plus déterminant; c'était une chanson qui disait: "On est là, et on va y rester." Cette chanson a été numéro 1 pendant cinq semaines, ce qui est tout à fait inhabituel. C'est très rare pour une chanson de tenir aussi longtemps, et elle reste encore une de mes favorites.

Les paroles signifiaient: "... Toi et moi faisons un pacte, le salut est possible, si nous le voulons assez fort." ça ne ressemblait guère à Willie Hutch et Berry Gordy cette façon d'écrire, car dans la vie, quand ils n'étaient pas en studio, ils étaient tout le temps en train de faire les clowns avec nous. J'ai eu le frisson dès le premier instant où j'ai écouté la maquette. Je ne savais même pas ce qu'était le son d'un clavecin avant qu'on nous joue les premières notes. La réalisation géniale de ce titre est due à Hal Davis, assisté de Suzy Ideka, mon âme soeur, qui veillait à ce que je mette la bonne émotion dans chaque chanson, en restant près de moi constamment. C'était une chanson sérieuse, mais nous y avons mis de la gaieté, comme dans un autre titre des Four Tops qui s'appelait "Reach out, I'll be there". Nous nous sentions de plus en plus inscrits dans l'histoire et l'avenir de Motown". - Moonwalk, Michael Jackson, 1988

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Michael, Hal Davis et les Four Tops
Aujourd'hui encore, ce titre fait partie intégrante de la légende. On le retrouvera dans de nombreux medley que ce soit avec les Jacksons ou Michael en solo. Il fut par exemple proposé lors du 25ème anniversaire de Motown en 1983 ou encore en 2001 au Madison Square Garden de New York à l'occasion des concerts "Michael Jackson 30th Anniversary Celebration, The Solo Years".
Avec "I'll be There", les Jackson signeront plus tard un nouveau record et pas des moindres; celui des plus grosses ventes de 45 tours pour l'année 1970 L'année 1970 restera donc l'une des plus chargée pour les Jackson 5 et l'effervescence qui règne autour du groupe montre à quel point les Jackson 5 sont dorénavant synonyme de réussite.
Le 11 Octobre 1970, les Jackson 5 sont cette fois-ci à Memphis pour un concert au Coliseum.

Rebbie se souvient encore de l'hystérie des fans et raconte : "J'ai fait ce voyage avec mes frères dans leur limousine pour aller au concert. Alors que nous nous rapprochions du Coliseum j'ai vu un spectacle que je n'oublierai jamais. Il y avait des filles qui hurlaient et se crêpaient le chignon tellement fort que je me suis demandé si elles n'allaient pas se retrouver toutes nues, à force de tirer sur leurs vêtements. Elles avaient tout simplement vu mes frères à l'intérieur de la limousine. Pendant le spectacle, j'ai passé beaucoup de temps à regarder autour de moi. Et ce n'étaient que des visages de filles hurlantes et trépignantes, tout autour. Je n'arrivais pas à croire que les gens puissent se comporter ainsi à propos de quelqu'un d'autre. C'est comme s'ils n'avaient même pas eu besoin d'écouter le spectacle. A cause de l'enthousiasme phénoménal, les régisseurs de la tournée avaient organisé stratégiquement chacun des déplacement de mes frères. Par exemple, trois minutes avant le commencement du spectacle, ils avaient littéralement largué mes frères devant l'entrée des artistes en leur donnant juste assez de temps pour se précipiter sur leurs instruments. Même chose à la fin du spectacle. Ils avaient laissé leurs instruments sur scène et s'étaient précipités dans la limousine, ce qui avait déclenché immédiatement la ruée des spectateurs en dehors du Coliseum. Certains des fans étaient encore plus rapides que nous, cependant. Ils grimpaient sur le devant de la voiture et deux ou trois ont même réussi à grimper sur le toit."

Avec Diana Ross
Les Jackson 5 enchaineront plus de 15 concerts en cette année 1970. La rigueur et le travail sont naturellement présents tout au long des spectacles mais la bonne ambiance aussi.
"Dès que les disques ont commencé à marcher, nous avons connu la vie folle des tournées et des concerts. Il y a eu d'abord la grande tournée des Jackson 5 en automne 1970. Nous avions des salles énormes, comme Madison Square Garden, et le Forum de Los Angeles... Cette période a été très spéciale pour notre groupe. Nous étions très liès mes frères et moi, et nous vivions tout le temps ensemble, dans l'affection et la loyauté. Nous faisions des farces aux gens de notre entourage. Nous n'avons jamais dépassé les bornes en jetant des télés par les fenêtres par exemple, mais il y avait pas mal d'eau et de plumes qui volaient autour de nous. Il faut dire qu'on meurt d'ennui à passer autant d'heures sur la route et quand on se retrouvait coincés dans nos chambres d'hôtels, il fallait absolument trouver quelque chose d'idiot à faire pour passer le temps. On ne pouvait pas mettre le nez dehors à cause des hordes de filles qui attendaient. J'aimerais que nos plus grosses bêtises aient été filmées car on s'est vraiment bien amusés. On attendait que notre garde du corps, Bill Bray, soit endormi. C'était la folie dans les couloirs de l'hôtel, entre batailles de polochons, les matches de catch, les bagarres à crème à raser. On était dingues. On lâchait des ballons et des sacs en papier pleins d'eau par les balcons de l'hotel, et on les regardait atterrir. Parfois on était mort de rire. On passait des heures au téléphone à commander des menus extravagants et à les faire porter dans la chambre des autres voyageurs. Gare au malheureux visiteurs qui s'aventuraient dans notre chambre! Il avait quatre vingt dix chances sur cent de recevoir un seau d'eau sur la tête." - Moonwalk, Michael Jackson, 1988

L'année 1970 aura donc été une année faste pour les Jackson 5. Un premier award, des albums et des 45 tours à la première place des charts, une série de concerts et une jacksonmania qui semble se mettre en place. Toute cette effervescence qui fera naturellement la joie des médias puisque les Jackson 5 firent la Une d'une vingtaine de magazines en passant par les célèbres "Soul", "Jet" et "Ebony" mais aussi "Record Mirror", "Blues & Soul" et bien d'autres.
Quelques revues de presse de l'époque


Soul Magazine
Voici le premier article paru sur une revue d'envergure nationale aux Etats-Unis, le magazine "Soul". Il s'agit d'un reportage sur la première apparition publique des Jackson 5, en août 1969, au Daisy, à Los Angeles, lors de la "cérémonie" de présentation.
Notez le fait que Tito (Toriano dans le texte) est considéré comme le porte-parole du groupe, et que le journaliste confond Tito et Jermaine, puisqu'il le considère comme deuxième leader.

"JACKSON FIVE" LE NOUVEAU GROUPE DE DIANA ROSS
Los Angeles - La chanteuse Diana Ross a découvert ce qu'elle considère comme étant le groupe le plus talentueux de la décennie. Lundi soir dernier, avec tout le faste et l'apparat de débuts Hollywodiens, Diana Ross a présenté ses protégés lors d'une conférence de presse, au Daisy, l'une des discothèques les plus branchées de Beverly Hills.
Plus de 350 invités représentant les industries cinématographiques et musicales, ainsi que la presse nationale, étaient invités personnellement par Mademoiselle Ross. Elle a présenté sa nouvelle mine d'or de talent, au milieu de d'applaudissements assourdissants qui ont accueilli les Jackson Five, cinq frères de Gary, dans l'Indiana, âgés de 8 à 16 ans. Sur la scène, flanait avec nonchalance Michael Jackson, âgé de 8 ans, le spectulaire et talentueux leader du groupe. Portant un chapeau melon sur une coupe afro, Michael a charmé son audience, qu'elle soit sur scène ou devant la scène.

A la question s'il était ou non le protégé de Diana Ross, Michael répondit avec désinvolture : "Après avoir chanté pendant quatre années, sans devenir une star, je pensais que personne ne me découvrirait... c'était jusqu'à ce que Diana Ross vienne sauver ma carrière".

Il y avait beaucoup plus dans la réponse pleine d'humour de Michael que ce que pouvait en penser la plupart des gens. Il est le principal leader du groupe depuis son quatrième anniversaire, et fait constamment référence à son frère aîné Toriano, 14 ans; avec qui il partage la tête du groupe, et qu'il pourrait assurer tout seul un jour.
Afin de s'assurer que le public ait une chance de voir pleinement ses protégés, Diana Ross insista à ce que les promoteurs de son spectacle au Forum de Los Angeles, le Samedi 16 Août, intitule le show "The Jackson Five with Diana Ross and The Supremes". Elle donnera également l'occasion aux Jackson Five d'apparaître pour la première fois sur une télévision nationale, à l'Hollywood Palace, le Samedi 18 Octobre. A en juger la critique dithyrambique, Diana Ross a révélé que son oreille pour les nouveaux talents est aussi délicatement accordé que sa voix d'or qui l'a propulsée en haut de l'affiche.

De Ray Charles à Liberace
Les Jackson Five, composé de 5 frères, Michael, 8 ans, Marlon, 9 ans, Jermaine, 13 ans, Toriano, 14 ans, et Sigmund (Jackie), 16 ans, ont un répertoire allant de Ray Charles à Liberace. Selon Toriano, porte-parole du groupe (approuvé par Michael), leur groupes préférés sont naturellement Diana Ross and The Supremes, Smokey Robinson and the Miracles, The Temptations, Gladys Knight and the Pips, et Bobby Taylor.
Grandement ravie de son groupe talentueux et de l'acclamation du public qu'il a reçu lors de leur soirée de présentation, Diana Ross commenta : "Je suis très heureuse d'avoir pu donné à un groupe aussi doué une opportunité de se produire en public car c'est de cette façon que nous, les Supremes, avons eu notre première chance. Si Berry Gordy Jr. recherchant de nouveaux talents de notre communauté noire, n'avait pas été là, nous ne saurions jamais devenues célèbres.
"Soul" 9 septembre 1969
Fab - Angleterre 2 mai 1970

J'ai bien peur qu'à l'heure actuelle il n'y ait pas beaucoup de chance que les fans britanniques voient les Jackson par ici dans un proche avenir. Ils sont pour l'instant pris par leur ennuyeuse éducation; chaque moment de libre est rempli d'enregistrements et de prestations sur scène, et toutes les contraintes qu'un hit numéro 1 imposent à un groupe.
Ils étaient nés pour être musiciens. Leur père, Joe, jouait de la guitare dans un groupe appelé "The Falcons" et leur mère joue de la clarinette, donc les garçons, Michael, 10 ans, Marlon, 12, Jermaine, 14, Toriano, 15, et Sigmund (Jackie pour les intimes), 18, ont appris à chanter et à jouer lorsqu'ils étaient très jeunes. Parfois, leur maison, à Gary, dans l'Indiana, était un caisson à musique, puisqu'ils jouaient tous.

Ils ont débuté leur "carrière" en 1965 lorsqu'ils chantèrent, dans un radio-crochet au collège de Gary, le hit des Temptations "My Girl" qui remporta le premie prix. L'année suivante, il progressèrent et remportèrent un concours à l'échelle d'une ville... il ne fallut pas longtemps avant qu'ils soient dans un show professionnel avec Smokey Robinson, à Chicago. Diana Ross des Supremes était si surprise lorsqu'elle les entendit qu'elle les présenta à Motown Records.

Ils étaient très polyvalent, et aiment toute sorte de musique, soul et rock, Ray Charles et les Beatles. Derrière eux, la famille peut monter un groupe de 10 membres. Il y a deux soeurs, Latoya, 13 ans, qui joue de la clarinette et a une soeur mariée Maureen, qui joue du violon. Le bébé des Jackson est Randy, qui a 7 ans, et a hâte d'être assez âgé pour rejoindre le groupe sur scène.
Quand ils arrivent à avoir du temps de libre, ce qui est très rares ces derniers jours, les cinq frères aiment tous le sport, en particulier le baseball. Ils sont rétiscents à laisser leur carrière les emmener trop loin de chez eux. Non pas parce qu'ils manquerait l'école, mais parce qu'ils seraient tristes d'être loin de la cuisine de Maman et des trois chats Jackson.
--Georgina Mells pour Fab 2 mai 1970

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Look Magazine USA 25 août 1970
THE JACKSON FIVE
Le nouveau groupe le plus chaud de la planète du disque doit être au lit à 22 heures. Ils ont sorti en seulement dix mois trois singles qui ont atteint plus de 2 millions de copies chacun. Tous ont atteint la première place des charts nationaux. Leurs albums sont recherchés par leur admirateurs adolescents, leurs portraits d'enfants imprimés dans les esprits de millions d'admirateurs. En injectant de la soul dans une musique "bubblegum" bondissante, cinq écoliers appelés Jackson sont arrivés avec un son tout neuf. Derrière de gros, et swingants arrangements, les textes envoyés en avant et en arrière entre le leader Michael, 10 ans à la voix flûtée, Marlon, 13 ans; Jermaine 15 ans, Tito, 16 ans et Jackie 19 ans. Joe Jackson, le père des garçons, était gruttier à Gary, dans l'Indiana, et avait toujours essayer de devenir un grand musicien, mais n'y arriva jamais.

Quand ses fils commencèrent à montrer un certain flair musical - Michael n'avait que 4 ans à l'époque - Jackson commença à les inscrire à des concours amateurs, d'abord à Gary, puis autour de l'Etat. Roulant vers l'Est dans un bus Wolkswagen, le groupe se produisit dans des collèges, ou dans des théâtres noirs. L'année dernière, le maire noir de Gary, Richard Hatcher, les présenta à Diana Ross, la star des Supremes (maintenant en solo), elle les aida à rejoindre Motown. En moins d'un an, ils eurent une acclamation nationale, et il n'y pas pas de fin en vue.
Un de ces derniers weekends, les Jackson Five atterrissaient de Los Angeles, où ils vivent actuellement, pour donner un concert au Convention Hall de Philadelphia. Aux côtés de leur père, Joe, leurs cousins Johnny Jackson (qui joue de la batterie avec le groupe) et Ronnie Rancifer (qui joue de l'orgue et du piano), leur entourage incluait Suzanne de Passe, une jeune styliste qui aide les garçons à se perfectionner, le coordonnateur Tony Jones, qui s'occupe des détails logistiques, un photographe de Motown, une équipe cinéma de 5 hommes louée par Motown pour filmer le concert, le chauffeur des Jackson, et un professeur, qui les accompagne dans leurs déplacements. Un camion entier d'instruments, d'amplificateurs, et d'autres équipements électroniques suit également le groupe

Sur scène, dans le caverneux Convention Hall, les Jackson Five surgirent dans une vertigineuse démonstration de chorégraphies et de chansons, avec un Michael hurlant, un mélange James Brown et Sammy Davis Jr, dans un même petit corps. Les chansons des J5 vendent du sexe soft pour une foule prépubère. Sur le titre "The Love You Save", Michael nous emmène vers un niveau d'écolier imaginaire : "Isaac a dit qu'il t'avait embrassée sous le pommier, lorsqu'il a pris ta main il ressentit de l'électricitéééé!".De toute façon, venant des lèvres de ce gamin de 10 ans, c'est tout à fait plausible. Sous cette sexualité précoce, ("Assis-toi, je crois que je t'aime!), il y a un rythme swingant et bluesy qui bouge. Cela fait seulement un an que le bus Wolkswagen est en tournée, mais les Jackson Five ont déjà parcouru un long chemin. Il ont fait plusieurs fois de grandes émissions TV comme Sullivan et Griffin, les courrier de fan abondent, et les fan-clubs prolifèrent. Plus significativement, des offres arrivent de lieux comme Las Vegas et Londres (leur hit ABC arriva en tête des hit-parades anglais). Mais la plupart des offres sont refusées.

Les Jackson sont pris en main par le patron de Motown, Berry Gordy, qui développa les Supremes, les Temptations, et d'autres grandes têtes. Gordy est bien décidé à laisser les mauvaises vibrations en dehors des Jackson. Aux côtés de Joe et Katherine, les parents des garçons, il prend les grandes décisions dans leurs vies. Jackie, l'aîné, diplomé depuis Juin, et tous les autres continuent d'aller à l'école publique, à Los Angeles. (Une école a du changer de numéro de téléphone plusieurs fois car des jeunes fans n'arrêtaient pas d'appeler pour parler à Michael). Leurs fréquents concerts sont planifiés pour les vacances ou les weekends. Joe Jackson exerce une main de fer dans l'élan stimulant de la nouvelle popularité des garçons. "Vous devez travailler beaucoup pour garder la proportion des choses," dit-il. "Je leur dit ce qui arriverait s'ils changeaient et avaient la gross tête. C'est quelque chose que je ne veux pas voir."

Donc les jeunes stars gardent un agenda strict qui les fait lever à 7 heures le matin pour l'école, et au lit à dix heures. Entre on a : les répétitions de l'après-midi, les sessions d'enregistrement, les devoirs, un peu de compositions (Michael collabore avec Jermaine et Tito), les interviews, et -si le temps le permet- une partie de baseball avec les fils de Gordy et le jeune frère de Diana Ross, Chico. Avec un tel agenda, rester de simples garçons est beaucoup plus dur que ce que l'on pourrait penser, mais entre le père Jackson et Gordy, cela fonctionne. A la maison avec le reste de la famille - les soeurs, Letoya, 14, Janet, 4 et le frère Randy, 7 ans (une soeur mariée Maureen, 20 ans, vit dans le Kentucky), un berger allemand, Lobo et 3 souris, les garçons font parte d'un clan très soudé. Katherine Jackson, leur mère, les aide à garder la tête sur leurs épaules. "Je pense que j'ai toujours su que Michael était un enfant atypique", dit-elle. "Dès le début, il était dans la musique. Et, bien sûr, il n'arrête pas de nous faire rire." Michael est la merveille des Jackson. A l'âge de 10 ans, il montre une expérience qui va au-delà de ses années. Imitateur né, il pique quelques façons de faire, les embellit avec son propre génie. Bien que Michael reçoive beaucoup d'attention, il s'entend très bien avec ses frères. "Ils savent qu'il est le leader", dit Joe Jackson. "et ils ont chacun leur partie. Nous fonctionnons ensemble dans cette famille".
Le son dynamique des J5 a éprouvé les voisins de leur première maison à Hollywood Hills, où Jermaine jouait à fond de la basse et où l'orgue ampiliée de Ronnie Rancifer resonnait à travers le canyon. Ils déménagèrent donc dans une nouvelle maison de Beverly Hills, avec piscine, et une spacieuse salle de répétitions. Bien qu'ils soient arrivés en haut de l'affiche avec de nombreux hits, les Jackson ne comptent pas s'assoir sur leurs lauriers. Randy, le joueur de Bongo pourrait rejoindre le groupe, transformant ainsi le groupe des Jackson Five un Jackson Six encore plus chaud!
Look magazine

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