PRESENTATION DES BAHAMAS

Au cours de ses quatre voyages, il arriva fréquemment à Christophe Colomb d'attribuer un nom aux lieux qu'il découvrait. C'est pourquoi de nombreux auteurs considèrent que ce fut lui qui donna le leur aux Bahamas, lesquelles s'appelaient d'abord "Lucayes", d'après leur nom indigène. Cela est certainement vrai pour l'île de Guanahani, repabtisée San Salvador, mais ne saurait être admis dans le cas de Bimini, que l'amiral n'a même pas approchée. La première carte représentant les Bahamas, encore que de façon très vague fut rédigée par Juan de la Cosa. Y figurent, au Nord de Cuba et de Haiti, quelques terres portant les noms assignés par Christoph Colomb. Il s'agit des îles "Habacoa" (Abaco), "Yumey" (Exuma), "Guanahani" (San Salvador), "Manana" (Rum-Kay), "Samana" (Long Island), "Someto" (Crooked Island), "Yucayo" (Caicos). Nulle trace de Bimini. En revanche, on y trouve des îles "baptisées" par Colomb et qu'il n'a jamais abordées. La carte ajoutée en 1511 (donc avant la découverte de Bimini par Ponce de Léon en 1512) à l'ouvrage de Pierre Martyr "De orbe Novo", ne donne plus de noms particuliers à ces îles. Par contre une île aussi large que Cuba et désignée sous le nom de "Isla de Buemeini" y remplace l'actuelle Floride. Comme pour le "Jourdain" préhispanique, nous voici donc en présence de l'existence du nom de Bimini avant la découverte proprement dite de l'île. Si l'on tient compte du fait que Ponce - qui se réclamait de l'amitié de Colomb - avait accompagné l'amiral lors du second voyage et débarqué à Haiti, on peut considérer qu'il avait déjà entendu prononcer le nom de l'île, à la Fontaine de Jouvence dans ses conversations avec Colomb ou avec son entourage. Ce qui tendrait indirectement à prouver que ce fut tout de même Colomb qui donna à cette île le nom qui devait connaître une si prodigieuse "carrière". Les indigènes étaient alors des Arawaks et des Tainos. Ces derniers ont aujourd'hui disparus. Par chance, leurs moeurs et leur langue furent étudiés avant que le bonheur apporté par les espagnols à leurs sujets des îles les ait exterminés jusqu'au dernier. Les Tainos occupaient principalement la partie centrale de l'île de Haiti. Un français, le père de Charlevoix, tient même la langue de ces Tainos pour une langue sacrée qui n'aurait été parlée en permanence que par ceux du centre de l'île, les autres ne l'utilisant que dans les grandes occasions. 

Cliquez sur la carte pour l'agrandir

Quoi qu'il en soit, les noms des différentes îles des Bahamas ont indiscutablement des rapports avec la langue des Tainos, chacun d'eux retrouvant un sens en Taino. Ainsi "Habacoa", l'île Abaco, en taino "Habacani" signifie "village" et "Habacoa", lieu élevé. Habacoa serait donc l'île du village élevé, protégé. Mais aussi Bina, Bînah = vieux mur, ruine. Beim = intervalle entre les pierres d'un mur, et Bein, Beine, Ebein = pierre de construction, borne. Birmini serait donc, en bonne traduction, l'île (couronne) du vieux mur de l'île de la Couronne.

L'EXPLORATION - ATLANTIDE...PEUT-ËTRE...?

Les découvertes de Bimini furent rendues possibles à partir du mois de septembre 1968 grâce à l'engin Remora M-114-E construit par Dimitri Rebikoff, explorateur, ingènieur spécialisé dans le domaine de la photographie sous-marine et inventeur du flash éléctronique, fondateur d'un institut de technologie sous-marine. Ce véritable "avion sous-marin" doté de caméras automatiques permettant de prendre des vues sous grand angle (92° en diagonale sous l'eau). Une fois équipés, les chercheurs ont concentrés leurs efforts sur une structure submergée qui avait été signalée à proximité de la côte septentrionale de l'île, très exactement au nord-ouest de North Bimini. Tour à tour, le docteur Robert Thompson, les professeurs John Gifford et Cesare Emiliani, Tim Tealey, Sir Robert Marx et l'aviateur bahamien Paul Aranha participèrent aux recherches. A la fin de la première année, ils tombèrent sur une structure longue de 70 mètres et large de 10, qui semblait construite en gros blocs de pierres régulières assemblées par une espèce de ciment. En mesurant les blocs à l'aide d'un demi-décamètre d'arpenteur et d'un stéréo comparateur utilisé habituellement pour tracer des cartes aériennes en courbes de niveau, Rebikoff fut bientôt en mesure de préciser que certaines d'entre eux avaient même plus de 5 mètres de côté et que leur épaisseur variait entre 20 et 150 centimètres. Leur poids atteignait donc parfois 5 tonnes, pour une densité moyenne du matériel rocheux supèrieur à 2. Terminées au mois d'avril 1971, les tranchées d'exploration creusées sur la face Est du mur oriental revèlèrent l'existence d'au moins une deuxième couche de pierres similaires, sous la première. Toutes ces pierres sont jointes par une même couche de ciment de 5 à 6 centimètres d'épaisseur. On a constaté en outre que la face extèrieure du mur est nettement dréssée et alignée. Les coins infèrieurs, protégés par l'érosion des vagues, sont vérifiables à l'équerre dans leurs 3 axes. Cà et là, on a cru déceler sur la face intèrieure des locs, des traces qui pourraient avoir été laissés par des outils. Déjà des faits nouveaux survenus en mai 1971 semblent indiquer qu'on aurait affaire à un très ancien port sibmergé, comportant des quais et une double jetée, élargies à certains endroits symétriques.

Il faut signaler encore que l'horizontale du sommet du mur est parfaitement de niveau avec la ligne de la surface de l'eau, et partout à une profondeur égale d'environ 6 mètres. L'aspect général fait apparaître une construction bien ancrée dasn un soubassement aménagé selon des règles techniques dûment respèctées. Enfin, toutes ces structures artificielles sont vierges de vie marine fixe ; éponges bryozoaires, coraux madréporiques, algues même en sont totalement absents. Cette situation s'explique peut-être par le fait que l'édifice fut cachée dans le sable pendant des millénaires. Ce sont, en effet, les ouragans violents des dernières années qui firent apparaître les contours des structures à travers les eaux limpides et bleutées des Bahamas. Disons au passage que, pour avoir resisté à des typhons et à des ouragans tropicaux capables de monter des vagues de 11 mètres et de faire souffler des vents de 210 noeuds, la solidité de la construction est vérifiée. Il restait à se prononcer sur l'âge des structures. La date possible de construction correspondant au stade de l'immersion proprement dite d'un certain niveau du terrain est loin d'être la même partout et elle varie en fonction des méthodes utilisées pour la determiner.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir

Ainsi, la méthode de la détermination de la courbe générale de la montée des eaux donne une ancienneté de quelques 6000 ans.Si l'on réalise la même mesure en se servant de radiocarbone 14 que l'on applique aux vestiges des tourbières submergées voisines, on conclut pour celles-ci à un âge de 4700 ans pour une profondeur de 3 mètres et de 6000 ans pour 4 mètres. L'estimation, calculée par extrapolation, donne 10 000 ans pour une profondeur de 6 mètres. Cette valeur correspond au niveau actuel des sommets du mur mais pas à celui de ses bases. On peut raisonnablement envisager une ancienneté variant entre 8000 et 10 000 ans pour les constructions dont la base se trouve actuellement à 8 - 10 mètres de profondeur. Il faut en tout cas, considérer qu'à une époque assez reculée, la surface du plateau des Bahamas était assez grande pour offrir l'arrière-pays nécessaire au développement d'une civilisation et à l'essor d'une vie sociale fondée sur la chasse, la pêche, voire quelques rudiments d'agriculture et permettant l'épanouissement d'une société humaine capable de réaliser des constructions mégalithiques.

Vue aérienne de la structure submergée du "Temple" situé à proximité de l'Ile d'Andros.

 La structure de Bimini n'est d'ailleurs pas la seule de l'archipel des Bahamas. Passionné d'archéologie, le professeur Manson Valentine fut aussi, avec Ernest Williamson, un des pionniers de la photographie sous-marine, dont il s'occupa des 1926. Depuis lors, il n'a cessé de rechercher des structures englouties un peu partout sur le vaste plateau des Bahamas, concentrant particulièrement ses efforts entre Nassau et Bimini. Son premier collaborateur fut le pilote de fret Robert Brush, qui survolait journellement la région qui s'étend de Bimini à l'île Andros. C'est dans ces parages qu'en 1968 Brush découvrit et photographia, au nord de l'île d'Andros, une structure apparement rectangulaire. Il avertit aussitôt le professeur Manson Valentine et accompagnés de Rebikoff, ils allèrent visiter le site, ce qu'ils durent faire en hydravion en raison de la faible profondeur des eaux. Il s'agissait d'un mur épais de plus de 30 centimètres, entièrement enseveli sous le sable.

Artefact rond près d'Andros. A droite on distingue d'autres cercles dont la forme originelle influence encore la végétation du fond marin.

Ce mur qui semblait être la fondation d'un édifice rectangulaire d'environ 30 mètres sur 20, était fait de pierres soigneusement alignées au cordeau. Seule la partie infèrieure, révélée par une petite tranchée creusée au couteau, avait été préservée. Elle reposait sur un substrat horizontal de roche calithrotique bahamienne. On sait que la construction possède quelques cloisons et même deux chambres en coin, ce qui la rapproche, quant au plan, de la célèbre maison des tortues d'Uxmal, chez les Mayas. Aux alentours de Bimini, on trouve encore un nouvel enclos de forme rectangulaire, une structure polygonale - plus ou moins pentagonale - une autre, enfin, longue de plusieurs dizaines de mètres et nommée, à cause de son contour général, le "sabre d'abordage". 

Détail de l'une des formations artificielles - Dalle géante de la jetée vue dans l'eau.

Robert Marx découvrit d'autres vestiges. Il s'agissait là d'une excavation artificielle assez profonde, dont l'intèrieur contenait des restes de céramiques. Une de ces pièces - faites à la main - représentait un visage humain. Les objets révèlaient un aspect général extra-américain. Les quelques experts qui eurent l'occasion d'examiner les photos prises à cet endroit par le chercheur ont assigné aux pièces qu'elles représentaient une nette origine non amérindienne et les ont rapprochées du type méditérannéen. Quant à l'âge de leur fabrication ils sont considéré antèrieur à l'époque colombienne. Non loin de cet endroit ce fut Manson Valentine qui tomba sur des pierres discoïdales au centre trouée et d'un diamètre de deux à cinq pieds. Ces dernières, reconnues aussi par Robert Marx, au cours d'une de ces explorations, présentent une bien étrange similitude avec des objets découverts aux îles Yap, dans le Pacifique. De même à proximité du site de Bimini on a signalé l'existence de tronçons d'anciennes colonnes submergées par le sable. Dans un premier temps, les découvertes de Valentine et de son groupe ne soulevèrent guère d'enthousiasme. Peut-être faut-il chercher l'expllication dans la célébrité même de Bimini ainsi que dans les prédictions d'Edgar Cayce, qui annonça la résurréction de l'Atlantide à Bimini...

Elément de construction.

Cliquez sur les cartes pour les agrandir

 

 

- Haut de page -

 




 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement