Avec 42 kilomètres de long et près de 300 mètres de profondeur, le Loch-Ness est le plus vaste plan d'eau douce de Grande-Bretagne. Loch en écossais signifie "Lac". Celui-ci est situé sur le Great Glen, une faille de l'écorce terrestre qui traverse le coeur de l'Ecosse. La région qui l'entoure est encore relativement peu explorée, tandis que, sous l'eau, la visibilité est très réduite à cause des particules de tourbe en suspension.

Pour rechercher quoi que ce soit sur une zone aussi grande et dans de telles conditions, il faut plus que de la volonté ou une bonne condition physique. Il faut le secours de la technologie la plus avancée. L'attention des scientifiques est attirée vers les grandes profondeurs en 1850, mais pour des raisons télégraphiques. On pensait alors que la vie s'arrêtait au-dessous de 500 mètres de profondeur. Un cable télégraphique immergé à 1830 mètres venait d'être remonté, rongé par des coquillages vivants...!

Les premiers relevés relevés bathymétriques des lacs d'Ecosse ne commencent qu'à la fin du XIX° siècle. On s'étonne en découvrant leur profondeur - qui dépasse celle des côtes voisines - et le volume de leurs eaux. Ces lacs ont été creusés en même temps que les Loughs irlandais et que les fjords scandinaves, à la fin de la dernière période glaciaire, il y a 10.000 ans. Immédiatement après la fonte des glaces, le niveau de la mer s'était élevé et celle-ci les avait envahis. Puis libéré des poids des glaces, le sol s'est soulevé, entrainant notamment le Loch-Ness à 16 mètres au-dessus du niveau de la mer.




Depuis toujours, les légendes des peuples du nord sont émaillés de monstres marins. Beaucoup font référence à une créature au long cou et au dos bombé. C'est probablement en leur honneur que les vikings ornaient de "Dragons de Mer" la proue de leurs drakkars. En Scandinavie, autour du lac de Storsjö, on peut encore voir le matériel mis en place au XIX° siècle pour capturer un monstre local. En Irlande, on parle beaucoup de "Kelpies" (chevaux de mer) dans la région des Loughs du Connemara.

Curieusement, alors que le premier rapport qui relate une apparition sur la rivière Ness date de 565 de notre ére, on ne s'est interêssé que très récemment au "monstre" du Loch-Ness. Dans ce premier rapport, c'est un saint qui met le monstre en fuite. Par la suite, les témoignages sur le monstre restent liés à des superstitions locales. Au XIX° siècle, les aristocrates qui viennent chasser dans les Highlands entendent parler des fabuleuses créatures du Loch-Ness. Certains en aperçoivent même, au lever du jour, et leur trouve une "tête de cheval". Dans le même temps, les marins qui hantent ces côtes sauvages rapportent l'existence de "monstres marins" identiques à ceux du Loch. On interdisait alors aux enfants de se baigner dans le Loch-Ness par crainte du Kelpie.

 

En 1933, une route touristique est construite sur la rive nord du lac, tandis que les arbres sont abattus pour améliorer la vue sur les eaus sombres. Aussitôt, les touristes se mettent à affluer dans la région et le nombre de ceux qui ont "vu" le monstre grimpe en flèche. Le premier grand article sur le sujet parait le 14 avril 1933 dans l'Inverness Courier. Rapidement, la "bête du Loch Ness" devient un sujet de curiosité touristique et journalistique qui fait les choux gras de la presse à sensation du monde entier.

A l'époque le sonar et le scaphandre autonome n'existent pas encore. Les biologistes se contentent d'études sur les petits animaux et les algues microscopiques du lac. Mais déjà, on cherche par tous les moyens à s'assurer de l'existence - ou de l'absence - d'animal fabuleux dans ces eaux tourbeuses. On filme inlassablement les moindres coins. On photographie le moindre tronc d'arbre. Les archives se remplissent de témoignages plus ou moins inintérêssants, tandis qu'une foule de curieux guette avec avidité la moindre manifestation inhabituelle à la surface du Loch-Ness. 

L'autosuggestion explique beaucoup de "preuves". La nature du lac lui-même ne favorise pas les chercheurs : cette énorme masse d'eau est souvent très calme, avec une surface en mer d'huile, tandis que les rives escarpées projettent leur ombre inquiètante sur les rives. Les illusions d'optique abondent, et un oiseau, une branche ou le sillage d'un bateau peuvent produire des effets étonnants. Malgré tout, au Loch Ness Investigation Bureau, des milliers de témoignages oculaires troublants ont été enregistrés. Beaucoup sont extraordinairement détaillés : la créature aperçue aurait un long cou, parfois dréssé, des bosses sur le dos, et elle se déplacerait rapidement.

 


Le premier chroniqueur des apparitions du Loch-Ness a été le commandant Rupert Gould. Dans son ouvrage "Le Monstre du Loch-Ness" publié en 1934, il avance l'hypothèse selon laquelle il s'agirait d'un spécimen isolé, pris au piège dans les eaux du lac. Par la suite, de nombreux auteurs le contrediront : une quantité de témoignages affirment avoir repéré plusieurs monstres en même temps, ce qui suggèrerait que le lac abrite plusieurs "monstres". Acôté de ces témoignages oculaires, toujours fragiles, les scientifiques disposent d'un petit nombre de faits inexpliqués, notamment des échos reccueillis par le sonar. Ils ont, en outre, remarqué que les apparitions étaient plus fréquentes l'été, en particularité aux embouchures des rivières qui se déversent dans le lac.

 

Trucage...??

Reste le problème des photographies, vraies ou fausses du "monstre". Elles sont le plus souvent fausses. Il est très facile de faire des photo-montages de silhouettes monstrueuses sur fond clair. De plus, même quand ils ne sont pas faux, beaucoup de clichés sont de mauvaises qualités. Au milieu des reproductions de faussaires de tout poil, on trouve pourtant des clichés impressionnants. Paradoxalement, on pourrait dire que les bonnes photos du monstre sont fausses, tandis que les mauvaises ont des chances d'être vraies. Parmi celles-ci, très peu finissent par interêsser le Loch Ness Investigation Bureau. Les films de cinéma sont beaucoup plus difficiles à truquer (à l'époque) et sont davantage pris en compte. Deux d'entre eux sortent vraiment de l'ordinaire.

Plesiosaure

Le premier a été tourné par Tim Dinsdale le 23 avril 1960 à l'embouchure de la rivière "Foyers" : on y voit une bosse se mouvoir lentement au loin, puis traverser le champ de la caméra avant de plonger. L'analyse du film a conclu que l'objet filmé était probablement en mouvement et qu'il mesurait environ 1 mètre 70 de largeur et sa vitesse estimée était de 16 kilomètres à l'heure.



Le second film a été tourné par Richard Raynor, le 13 juin 1967, à l'extrémité nord du lac. Il montre un sillage, à la tête duquel on aperçoit un objet solide, déclaré lui aussi inanimé. Richard Raynor a expliqué que l'animal filmé évoquait pour lui une espèce d'otarie. Comme la longueur estimée de la partie qui emergeait a été évaluée à près de 2 mètres on peut rêver sur la taille de l'otarie en question.

Ce n'est qu'à partir de 1970 que les chercheurs ont pu disposer de photographies sous-marines. Ce qui n'est pas forcément un avantage dans les eaux boueuses du lac. Les photographies les plus intérêssantes ont été obtenues à l'aide d'un appareil à déclenchement éléctronique équipé d'un flash stroboscopique : elles montrent une sorte de nageoire...qui ne ressemble à aucune sorte de nageoire connue. Six autres clichés pris par le Dr. Robert Rines en 1975, montrent autre chose que la coque du bateau à laquelle était accroché l'appareil. Une chose qui n'a pas fini d'alimenter les discussions entre les partisans du "monstre" et les sceptiques.

Les principaux lieux d'apparitions. On remarquera qu'ils se situent principalement à l'embouchure des rivières.

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